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Liste des articles dans la catégorie Warrior tour 2 : Tignes-Val Claret.

Présentation du warrior tour 2

Les quelques articles qui se trouvent sous cette succincte présentation sont parfaitement dénués d’intérêt : relatant un séjour à Tignes, ils ne feront sourire que les protagonistes du séjour et ne figurent sur ce blog que par une sorte d’habitude acquise lors du périple cycliste le long du canal du midi.

Veuillez donc excuser l’inintérêt fondamental des lignes qui vont suivre…

Thibaut


samedi 3 février : les warriors sont dans la place.

Tout a commencé par une matinée de février, dans un TGV en gare de Lyon. Deux warriors (Tito et Alessandro) arrivent en sueur sur le quai et rejoignent Sebastiano, impeccable dans son manteau noir, arpentant les abords du train, les mains dans le dos. Très vite, ils montent dans le TGV, casent tant bien que mal leurs affaires dans les casiers prévus à cet effet et prennent possession de leur place. Au bout de quelques minutes, les bruits du voyage sont couverts par la voix puissante de nos warriors qui font oublier le bébé criard à l’arrière du wagon ; si les cris du bébé percent, les voix des warriors portent. Vers la fin du trajet, nos warriors, par la médiation de Sebastiano, empruntent à des voisins de fortune le magazine culturel Entrevue afin de s’entretenir l’âme. Ils y apprennent, grâce au témoignage de Basile Boli, que Makélélé est surnommé « anaconda » en raison de son membre, information indispensable et clé dans la suite du séjour. Alessandro, fraîchement débarqué de Londres découvre avec amusement que la France s’est dotée d’un ministre délégué à l’ « égalité des chances » : Azouz.

Azouz ? le ministre qu’il vous faut…

 A l’issue du voyage, nos trois warriors ont changé de nom : Sebastiano est devenu Anaconda, Tito se prénomme Azouz et Alessandro devient Coton tige. Ces trois transformations patronymiques les accompagneront tout au long du séjour.

En gare de Bourg-saint-Maurice s’effectue le premier contact avec les autochtones. Le guichet SNCF s’ouvre pour les billets de car en direction de Tignes : apparition d’un visage féminin, au regard fermé et froid. Achat des billets, et découverte du car. Un petit homme asiatique nanti d’un chapeau de type far-west accueille nos warriors et prend leurs valises afin de les jeter sans ménagement dans la soute à bagages. Puis, une fois installés dans le car – au fond, de préférence sur la surélévation des roues – ils lèvent la tête et voient le petit homme au visage réjoui annoncer que le trajet sera court, si tout va bien, et demande avec un énorme sourire d’attacher les ceintures. En quelques secondes, l’homme devient un mythe, et sera ignoblement caricaturé tout au long du séjour en petit lutin sautillant, s’exclamant sans cesse « youpi ! ouais ! » Oui, les warriors sont de grands enfants…

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Voyage sans encombre, arrivée complexe à Tignes qui, contrairement au voyage, est encombré. Le chauffeur se plait à faire trois fois le tour d’un rond-point, et finit par trouver une place. Descente, inquiétude devant le faible enneigement de la station, récupération des bagages et recherche du chalet. Accueil, et inévitable conflit féminin entre une cliente et la réceptionniste répondant au doux nom de Muriel ; une histoire de serviette de toilette ou de draps indisponibles, je ne sais plus, mais c’était très grave…

Puis le suspens se fait torride : à quoi va ressembler l’appartement ? Les warriors montent au deuxième étage, et là c’est le premier drame ! Le couloir s’offre comme une véritable porcherie, des sacs poubelle et du papier-toilette jonchent le sol, dans une position sale et négligée ; l’appréhension quant à l’appartement est à son comble !

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La porte s’ouvre, et là, c’est le second drame ! à peine une vingtaine de mètres carrés : les warriors sont proches de la syncope. Très vite, un problème se pose : le réveil et la petite érection matinale. Azouz s’inquiète : « si on bande tous les trois en même temps, on ne pourra plus tenir dans l’appart ! » lance-t-il terrorisé. L’inquiétude se fait paroxystique.

Puis, résignés, ils posent leurs affaires et partent à l’assaut de la petite station. Le sacro-saint Sherpa, évidemment, mais aussi les restaurants, les loueurs de ski. Anaconda pénètre dans une boulangerie et achète une baguette ; il en profite pour demander le prix des sandwichs et l’heure à laquelle il faut venir les prendre au petit matin ; la boulangère répond avec un charmant sourire aux questions de notre ami qui arbore soudain un air surpris, ce dont s’aperçoit la commerçante :

« Vous êtes perturbé par les sandwich ? » lui demande la belle boulangère.

« Non non par vous ! » répond au pied levé Anaconda qui fait honneur à sa réputation et à celle des warriors.

Puis c’est la découverte du sherpa, des sauces tomates Buitoni à 4 euros, des surgelés à 8 euros et des paquets de pâtes à 1, 50 euro ; grande douleur… Mais l’acmé de la douleur surgit à la caisse : pas de sacs plastiques gratuits…

« Il coûte combien le sac ? » demande Anaconda, avec candeur.

« 70 centimes » répond la caissière.

« A ce prix là, il doit être grand le sac ! » s’exclame Anaconda qui craint de plus en plus pour son séant[1]

Puis, nos warriors découvrent le centre-ville, les marchands de souvenirs, les produits locaux présentés comme exceptionnels, les sachets de thé aux framboises à 7 euros, les saucissons au beaufort à des prix prohibitifs, etc. Anaconda succombera aux charmes d’un saucisson sec étonnamment peu sec malgré l’indécence du prix, et fera remarquer, à juste titre, qu’il sera probablement difficile de s’asseoir à la fin du séjour…

Puis c’est le retour dans l’immense appartement ; dépité par la petitesse du lieu, Coton-Tige craque et décide de dessouder une porte afin de créer une illusion d’espace. La semaine se passera ainsi avec une porte ôtée de ses gonds, insérée entre un mur et un buffet ; chaque nuit, les warriors remettront plus ou moins la porte contre l’encadrure afin de séparer les deux pièces, laissant la porte dans un équilibre plus que précaire…

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Le repas du soir arrive ; Azouz a amené de Paris des pâtes et une sauce tomate ; le repas type du séjour est prêt, et les warriors découvrent l’évier ou plutôt ce qui en fait office : une vague cavité nantie d’un robinet où tient difficilement une petite casserole à lait. Nonobstant l’exiguïté de l’ « évier », les warriors parviennent à cuisiner un plat de pâtes, et le dégustent sans entrain ; heureusement, Azouz a également apporté une soupe en sachet, et des croûtons qui offrent un peu de gaieté, gaieté relevée par une émission de Drucker à Bordeaux où Juppé se la joue décontracté, en goguette.

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 Arrive le moment tant redouté de la nuit : Azouz et Anaconda prennent le lit superposé, tandis que Coton Tige investit le lit du « salon » ; la nuit est atroce pour les trois warriors. Anaconda subit la luminosité de la minuterie du four qui lui illumine les yeux tandis qu’Azouz, mal à l’aise dans le lieu exigu, a l’impression d’étouffer. Même coton-tige, pourtant bon dormeur,  passe une nuit effroyable, certainement gêné par la qualité médiocre du « matelas » qui lui est échu.



[1] Private joke…


dimanche 4 février : la souffrance s’installe

Le lendemain matin, les warriors sont déjà épuisés ; vivement la fin du séjour, se disent-ils au réveil. Le petit-déjeuner s’accompagne de la télévision car Coton-Tige qui réside à Londres veut se tenir au courant des hits français ; le manque de sommeil s’accompagne alors du dernier tube de Diam’s ou d’une autre voix mélodieuse, ce qui confère à la matinée un aspect cruel…

Les warriors descendent vers les casiers à ski, et Coton-Tige ne peut retenir quelques flatulences nées du repas infâme de la veille ; fort heureusement, ils sont seuls. Ils enlèvent péniblement les skis du casier, fort exigu lui aussi, et s’apprêtent à partir, quand un groupe de jeunes arrive et s’exclame : « ça pue ici ! » Nos warriors – surtout Coton Tige –  hésitent entre la gêne et la franche hilarité…

 La première journée est sublime ; le soleil donne, et le manque de neige est compensé par la beauté du site.

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La pause déjeuner a lieu à Tignes-Le Lac où se tient un marché de saucissons et de futilités diverses ;  tandis que Coton Tige garde les skis, Azouz et Anaconda se dirigent vers la boulangerie, où Anaconda demande un « sanouiche » (prononcé sang-ouiche) ; la serveuse regarde notre ami avec étonnement mais ne se laisse pas désarçonner pour si peu. 3 sandwichs (sang-ouiches) et deux desserts sont achetés, nos warriors s’en sortent pour à peine une vingtaine d’euros ce qui accroît les craintes quant aux douleurs sus-évoquées…

Azouz part à la recherche d’un ami d’enfance, travaillant au Lac ; il se rend à la boutique mais apprend que Thomas ne bosse pas à cette heure là ; déception, retour vers le groupe de warriors, et conciliabule sur le prix des repas : ne seraient-ils pas gagnants de manger chaque soir au resto ?

Remontés vers un resto d’altitude, ils s’installent avec leur sang-ouiches à une table ; très vite, un serveur leur signifie qu’ils devraient quitter l’endroit s’ils ne consomment pas ;  forts d’une technique bien rodée, les warriors simulent une non-maîtrise du français. Anaconda bredouille quelques mots d’italien et demande : « èèè, self-servicio ? » Le serveur répond en anglais, et évacue vite fait nos warriors qui trouvent refuge sur un monceau de pierres, à proximité de charmantes Flamandes. Admirez l’efficacité de l’usage de l’italien dans les situations délicates…

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  Le repas est dévoré, quelques mots sont échangés avec une Flamande parlant français, et finalement ils s’en repartent fièrement affronter les pistes du domaine.

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  La journée de ski se poursuit, s’achève et nos warriors décident de rentrer ; Azouz appelle Thomas afin de fixer un rendez-vous pour le lendemain tandis que Coton-Tige, à peine lavé, court regarder le matche de l’OL contre Troyes au café internet Lounge. (Du reste, notons l’accueil détestable du serveur du café concurrent, l’arrobaze, qui nous répond à peine lorsqu’on lui demande où on peut voir le matche de Lyon) Là, devant un gigantesque écran, il s’énervera et se désolera de la défaite lyonnaise contre une équipe pourtant inférieure sur le papier. Mais, malgré cette déception footballistique, la grande découverte du soir est Patoo, la charmante serveuse du café Lounge.

Après le matche, les warriors décident de se rendre au restaurant : ils en sélectionnent un petit, désert, peu coûteux, où vient toutefois les rejoindre un groupe de jeunes, où figure une jeune fille au corps délicieux. De tout le repas, ils ne pourront décoller le regard des courbes offertes à leur regard.

Curieusement, le serveur tutoie Anaconda qui a pourtant 30 ans, et, au moment de partir, nos warriors ont la surprise de s’entendre dire : « au revoir les garçons ! ». Et c’est le retour cruel dans le minuscule appartement et l’angoisse de la nuit. Celle-ci sera pire que la précédente, Anaconda ne fermera pas l’œil tandis qu’Azouz sera contraint de se coller torse nu au mur afin de trouver un peu de fraîcheur, tant l’air lui manque. La situation nocturne devient préoccupante…


lundi 5 février : « C’est énorme ! »

Réveil : les warriors sont dans un état déplorable. Les deux nuits inexistantes les ont anéantis. Mais warriors ils sont, warriors ils resteront et ils honorent le rendez-vous avec Thomas avec à peine 20 minutes de retard. La journée est sublime ; « qu’est-ce qu’on se met ! » Thomas nous impressionne par la maîtrise du surf, et nous invite très gentiment à venir déjeuner chez lui ; Azouz et Anaconda se rendent alors dans une espèce de sandwicherie (sang-ouicherie) et arrivent en baragouinant, devant le vendeur, une espèce d’italien ; celui-ci leur demande s’ils parlent anglais, nos deux warriors acquiescent et commandent en anglais, jusqu’à ce qu’Azouz pose, contre toute attente mais avec l’air le plus naturel du monde, une question en français au vendeur, lequel se sent un peu vexé de s’être fait abuser par ces deux pitres.

Forts de leurs achats, nos amis se rendent chez Thomas afin de déguster leur sang-ouiche et découvrent son superbe appart ; c’est également, et surtout, la rencontre avec Aurélie, tout aussi superbe que l’appartement. Bref, « c’est énorme ».

L’après-midi, nous skions avec Thomas et Aurélie, jusqu’à ce qu’Aurélie tombe et se fasse mal aux genoux ; Anaconda accourt (ou plutôt askie) et s’exclame : « Moi, comme je dis toujours, des genoux on n’en a que deux ! » Si les warriors sont pris d’un fou rire, la pauvre Aurélie, qui ignore que les warriors s’amusent à lancer régulièrement de tels truismes, souffre. Elle se relève péniblement et se voit contrainte de rentrer car le travail l’attend. Les warriors restent avec Thomas.

Nos amis poursuivent leurs sportives activités avec Thomas et découvrent une curiosité locale : l’animation musicale d’un restaurant d’altitude. Le titulaire de cette activité mélodieuse se présente sous le nom curieux de « DJ Twix » ce qui suscite généralement l’hilarité. Quelques descentes, quelques remontées, Azouz en profite pour se vautrer lamentablement à la descente d’un télésiège, contraignant l’opérateur à arrêter la machine, lequel opérateur se précipitera vers le pauvre Azouz en s’écriant : « C’est la cata Garçon !! » Etrange cette manie d’appeler nos warriors bientôt trentenaires « garçons »…

La journée de ski s’achève, les warriors quittent Thomas qui aurait fait un excellent warrior, lequel s’en retourne farter ses skis, et c’est le retour atroce à ce qui leur sert de logement.

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Le soir, c’est pâtes, steak haché infâme, et Sarko à la télé. Hilarante émission sur TF1, où le ministre de l’intérieur-candidat répond à un panel, paraît-il représentatif, de Français. Sarko a fait le choix d’une langue défectueuse, de phrases simples, d’un « parler-vrai », de fautes de syntaxe remarquables ; toutes les ressources de la rhétorique sont mobilisées et sa formation d’avocat rappelle à quel point Sarko sait moduler son expression en fonction de son interlocuteur.

Généralement, après que le spectateur eut posé la question, Sarko reformule celle-ci, la réinsère dans le cadre d’un problème général et s’exclame : « pourquoi ? » Puis survient la réponse, assez générale. Plutôt efficace.

Un jeune l’interroge sur les discriminations en fonction de la race et de l’orientation sexuelle ; puis, tortillant un peu, il finit par dire qu’il est lui-même homosexuel, ce à quoi Sarkozy s’exclame : « Oui ben j’avais compris hein ! » Et comme surpris de son propre énervement, il cherche à rectifier le tir en affirmant : « Je voulais dire que ça sentait le vécu. »

Quand une question l’ennuie légèrement, il temporise : « cette question est importante, il faut y répondre ; je vais donc y répondre car il faut y répondre. Pourquoi ? Car c’est une question importante qui nécessite une réponse, etc. »

L’inévitable Thuram fait l’objet d’une question, ce qui témoigne de l’importance symbolique acquise par le défenseur des Bleus dans la politique française.

Amusés par cette démonstration un peu pitoyable de questions incapables de sortir du vécu égoïste, nos warriors se plaisent à reprendre les fautes de syntaxe de Sarkozy, devenues running gag du séjour.

« Parce que la problème c’est quoi ? » « Voici le solution que je propose. » « Parce que le père de famille qui revient du boulot et qui retrouve sa femme et ses gosses… », tel fut le vocabulaire d’un des principaux prétendants à la présidence de la France.

Azouz et Coton Tige négocient, la nuit venue, un échange de lit, car Azouz, habitué à dormir la fenêtre ouverte en raison de la chaleur nocturne du bled, ne peut plus s’endormir dans l’atmosphère étouffante du cagibi qui sert de chambre à coucher, Coton-Tige refusant d’ouvrir la fenêtre ; Azouz hérite donc de la place aux côtés de la fenêtre qu’il laissera grande ouverte tandis que Coton-Tige rejoint Anaconda dans le lit superposé ; nos warriors passent alors leur première nuit correcte du séjour. Et Azouz a la joie de découvrir les chaussures de ski posées sur le radiateur électrique, où est bien précisé : « do not cover »…

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mardi 6 février : Vulgaire ? Non, sexy…

Journée atrocement banale, marquée par la seule découverte de Val d’Isère et de l’approfondissement de la connaissance du « plus beau domaine skiable du monde. » Un problème récurrent commence néanmoins à faire surface : l’exiguïté de l’appartement entraîne une mauvaise éducation des odeurs en provenance des toilettes, après que Coton-Tige y fut passé, problème qui s’aggravera de jour en jour.

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 Journée de ski avec DJ Twix, « sang ouiches » à Val-d’Isère, petite station cossue, et retour banal à la station.

Là, une affiche informe d’une petite soirée strip-tease dans un café ; une fille dénudée tient lieu d’image aguicheuse. Vulgaire ? hum… « sexy »…

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Le soir, un repas infâme tiendra lieu de réconfort ; knackis ignobles et spaghetti habituels. A la télé, La cité de la peur, tellement vue qu’elle en perd sa dimension comique.

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Mais après le film, la superbe émission : « le Grand frère » passionne nos warriors, non pour le voyeurisme infecte, naturellement, mais pour la démarche sociologique… Hum…

Le Grand frère ou toute la misère du monde résumée par une famille française, donnée en pâture au voyeurisme du téléspectateur qui se plaît à s’indigner d’une situation qui ne le concerne en rien. On s’indigne surtout de regarder une telle horreur, mais l’émission faisant appel aux plus bas instincts, on y cède volontiers et toute résistance de noblesse d’âme est annihilée par la fatigue du corps après une journée de ski…

Une jeune fille absolument odieuse pose des problèmes à sa mère, lui vole de l’argent, l’insulte, la traite de « conne », lui dit « ta gueule », et c’est évidemment un travail pour « le grand frère » nous apprend TF1, chaîne sociale. Le fameux grand frère arrive au sein de la famille recomposée, à la tête de laquelle règne un homme étriqué dont on se demande si le qi atteint la première dizaine, et comprend grâce à sa formidable intelligence qu’il règne dans cette famille une mauvaise ambiance et va jusqu’à réaliser que la jeune fille a des problèmes. Il l’emmène sur une espèce de terre-plein, l’exhorte à sortir sa haine, et lui crie de sa belle voix mélodieuse et élégante d’animateur de quartier :

« vas-y, exprime toi ! Tu vois, ton cœur il a mal, moi jte dis, ton cœur il saigne! »

C’est le mot de trop pour nos warriors qui craquent devant cette démonstration atroce de programmes racoleurs, bien que Coton-Tige, encore imprégné des émissions londoniennes, reconnaît, non à juste titre, une qualité certaine aux programmes français et reste scotché devant ce caviar télévisuel…


mercredi 7 février : « ouais groooos ! »

Au petit matin, Anaconda annonce de sa voix ferme qu’il ira skier seul au « septentrion » afin de « skier un peu technique ». Anaconda sort le grand jeu. Coton-Tige et Azouz, pour leur part, décident de rejoindre Thomas au Septentrion. (Précisons que le septentrion est une direction géographique indiquant n’importe quel point cardinal pour nos warriors), afin de skier pépère.

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Tandis qu’Anaconda s’élance vers son destin, Coton-Tige et Azouz redécouvrent la magnifique aiguille percée. Petites pistes sympas, mais hélas ils appelleront Thomas un peu trop tard pour pouvoir le rejoindre. Puis nos deux amis rebasculent vers Val d’Isère (vers le septentrion…) afin d’y rejoindre Anaconda qui aura du retard au RV fixé. A peine arrivé, celui-ci vante les mérites de la célèbre Face, une noire intéressante sur laquelle les warriors s’élanceront à trois le vendredi.

Petit repas rapide, et hélas le temps incite nos amis à ne pas poursuivre leur journée de ski. Il leur faut déjà rentrer et retourner à l’appartement situé au septentrion…

Le soir, c’est le matche de l’équipe de France contre l’Argentine. Si l’Argentine offre au public un festival de coups techniques, la France fait preuve d’une certaine médiocrité jusqu’à encaisser sans gloire un but magnifique. A l’issue du matche, l’inénarrable Patrick Vierra livre un diagnostic assez étrange :

« On savait ce qu’il ne fallait pas faire, j’crois qu’on l’a fait. »

Interrogé à sa suite, Domenech a les mots justes :

Le journaliste : « Vous comptez vous rattraper au prochain matche ? »

Domenech : « pourquoi nous rattraper ? je crois qu’on a été bons ; j’ai vu de la construction, j’ai vu des actions collectives ; il ne manquait que des buts. »

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Une défaite de son équipe et voilà l’entraîneur satisfait. Malheureusement, Thuram, emmitouflé dans ses lunettes, ne jouait pas, et ne pourra donc livrer ses commentaires brillants à la presse. « Manque de réalisme », telle sera la leçon du soir… Réalisme… Etrange reprise footballistique d’un mot d’origine philosophique…


jeudi 8 février : Patou du Lounge ? Un truc de « malade mental ! »

 La journée commence mal ; à peine le petit rideau de la fenêtre est-il tiré que les warriors constatent la médiocrité du temps. Brouillard, neige fine, visibilité nulle.

La journée sera médiocre, elle aussi : les warriors errent sans but dans la station, s’énervent un peu devant l’attitude franchement désagréable du préposé aux tickets de cars, déjeunent chez eux de sang-ouiches un peu tristounets, à l’exception d’Azouz qui dévore une tartiflette étrange achetée au Sherpa, qui, du reste, le rendra malade ; cf. ci-dessous…

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Puis Anaconda et Coton-Tige se laissent aller à une petite sieste roborative, tandis qu’Azouz se plonge dans Le tentateur de Broch ; revigoré par sa sieste, Anaconda décide d’aller skier, nonobstant le brouillard qui se fait persistant. Pendant ce temps là, Coton-Tige poursuivra sa sieste et Azouz affrontera un ouvrage intéressant de Franz Fischbach.

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Quelques heures plus tard, nos warriors sursautent en raison de bruits en provenance de la fenêtre ; ils s’y dirigent et aperçoivent Anaconda en bas, réclamant les clés. Coton-Tige et Azouz décident alors de balancer des bouteilles d’eau sur Anaconda, lequel leur envoie en retour d’abondantes boules de neige. Cela se finit par une magnifique bataille au sol d’Azouz et Anaconda, sous le regard éberlué des autres résidents, attentifs à leur fenêtre…

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Remis de ses émotions et douché, Anaconda se rend au café Lounge tandis que Coton-Tige et Azouz se relaxent et se lavent. Vers 20h00, un coup de téléphone retentit : c’est Anaconda qui somme les warriors de le rejoindre ; ils obéissent.

Arrivés au Lounge, Azouz et Coton-Tige découvrent un Anaconda très en verve, joyeux ; éméché ? Euh… Si vous le dites… Anaconda commande 7 verres, dont deux de rhum, et s’enthousiasme pour la serveuse, la célèbre Patou. Mieux, il répète inlassablement qu’il a entendu, avant qu’Azouz et Coton-Tige n’arrivent, que deux jeunes filles cherchaient un « plan à trois » ; un « truc de malade mental !!! » répète Anaconda comme envoûté par la perspective des retrouvailles avec les deux jeunes filles aux desseins fort coquins. Celles-ci ne reviendront hélas pas au café…

Les warriors enchaînent les discussions sur la plastique de Patou, en effet remarquable. Seins refaits ou non, telle est la question qui obsède nos amis, bien que Thomas ait confirmé qu’ils le fussent. Quoi qu’il en soit, Patou est sublime.

Puis, prenant conscience qu’ils avaient faim, les warriors décident de se restaurer ; Patou leur recommande La cloche aux délices. Les warriors s’y rendent, patientent un peu et obtiennent miraculeusement une table, alors qu’ils n’avaient pas réservé. Tout aussi miraculeusement, ils se retrouvent à proximité du petit groupe de jeunes lurons, qu’ils avaient rencontré lors de la première soirée au restaurant. Encore plein des visions du corps magnifique de Patou, Anaconda ne rechigne pourtant pas à jeter, de temps à autre, quelques regards sur la jeune fille du groupe dont il apprécie, « à juste titre », la plastique parfaite.

La jeune serveuse retient l’attention d’Azouz ; grande, élancée, dotée d’une voix douce et de jambes sublimes, Azouz passera sa soirée à essayer de convaincre ses acolytes de la beauté de Carole – car tel est son nom. Nos warriors sont détendus, Anaconda fredonne Géant de papier et demande à la patronne si elle en connaît le titre. Celle-ci répond par la négative mais Anaconda, certainement désinhibé par les sept verres du Lounge, s’exclame à la patronne : « Alors, tu vois ? » Tutoiement et décontraction, ambiance familiale, bref ambiance de warriors.

Echaudé par l’infâme plat du midi, Azouz se méfie des tartiflettes, et préfère commander, comme Anaconda, une « salade gargantuesque ». Coton-Tige tentera la tartiflette. Hélas, il faut l’avouer, la salade commandée tire davantage vers le lilliputien que vers le gargantuesque ; quelques feuilles de salade, un peu de jambon, quelques rondelles de tomate ; ça ressemble à de la nouvelle cuisine, voilà qui n’évoque que fort lointainement le gargantuesque et Azouz fait remarquer, à juste titre, la difficulté croissante qu’il éprouve à s’asseoir. En revanche, Coton-Tige se régale avec sa tartiflette et malgré la petitesse des salades, les warriors sont forcés de reconnaître qu’elles sont bonnes. Quant aux desserts, ils seront délicieux, tant et si bien, du reste, que le lendemain nos amis reprendront les mêmes !

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A l’issue du repas, nos warriors décident de retourner au Lounge, afin de retrouver Patou. Seul Azouz, souffrant d’atroces douleurs au ventre, certainement consécutives à la tartiflette du midi, s’en retourne à l’appartement. Là, Patou prend Coton-Tige et Anaconda en affection, et leur offre plusieurs shooters gratuitement, sous les yeux émerveillés et charmés de nos amis. Le décolleté de la belle Patou et la taille parfaite de celle-ci ne laissent pas de les captiver et ce n’est que fort tard qu’ils rentreront, en joie, au palace.


vendredi 9 février : où les Warriors succombent au charme de Carole et de la cloche à délices…

Le réveil de Coton-Tige et d’Anaconda est effroyable. Aux cris de « Patou ! Oooooh Patou ! », ils ne peuvent se lever et ressentent violemment la migraine consécutive à la soirée alcoolisée de la veille. Après une demi-heure de gémissements divers, Coton Tige et Anaconda parviennent à se lever tout en évoquant intensément le nom de Patou. Même Coton-Tige, habituellement peu prompt à chanter les louanges d’une autre femme que la sienne, ne cesse de prononcer le nom sacré, à l’instar d’une incantation. Le petit-déjeuner se fait dans le silence et la douleur, ponctué çà et là de quelques cris au son de « Patouououououououou ! »

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Azouz apprend avec ravissement que son absence, la veille au soir au café, a été remarquée, voire déplorée. Petites satisfactions de l’existence…

Les premières heures de ski sont un calvaire pour Coton-Tige et Anaconda, qui souffrent d’une migraine conjuguée à une fatigue effroyables. Ils hésitent à poursuivre la journée de ski et ce malgré les rayonnements jouissifs du soleil. Mais, poussés par la douceur du temps, ils persistent et parviennent à rejoindre Val d’Isère après une descente de la fameuse Face, malgré les réticences de Coton-Tige, quelque peu inquiet devant la raideur de la pente.

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Une fois héroïquement descendus, nos amis s’installent confortablement dans de spacieux transats, et profitent des raies de l’Astre. Ultime journée mise à profit, bronzage, détente, inaction, jouissance du repos après l’effort et dégustation des délicieux « sang-ouiches » achetés chez « le meilleur artisan de France » qui borde les pistes, à Val d’Isère. Petit moment magique.

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Le soir, nos warriors retournent à La cloche à délices. Tout aussi miraculeusement que la veille, une table est disponible, alors que l’on est vendredi soir. Nos warriors optent pour une délicieuse fondue aux cèpes. Si le repas de la veille était un peu décevant, quantitativement parlant, celui du vendredi est absolument jouissif ; la fondue est très bonne, et Carole est encore plus belle que le jour précédent. Subjugué par sa beauté, Anaconda ne peut s’empêcher de lui déclarer : « Je voulais vous dire, et je pense que mes collègues se joignent à moi, que je vous trouve très belle. » Carole sourit, et nous offre un visage resplendissant, plein  d’une grâce mâtinée de pudique retenue. A cette grâce si séduisante s’ajoute une timidité charmante qui trouble profondément nos warriors et qui, encore aujourd’hui, ne laisse pas d’agrémenter leur mémoire avec bonheur.

Fascinés par cette apparition botticellienne, nos warriors cherchent à en savoir plus ; ils apprennent ainsi que Carole vient d’Alsace – et l’on ressent du reste, dans son service, toute la conscience professionnelle et l’amour du travail bien fait que l’on connaît si bien dans l’Est de la France –, qu’elle loge chez ses patrons, accompagnant ceux-ci à peu près partout où ils se dirigent. Cette situation de « servitude volontaire » achève de nimber Carole d’une aura sublime, sorte de Cosette des temps modernes, beauté enchaînée ne demandant qu’à être affranchie par l’amour !

Le dessert – fondants au chocolat – est tout aussi délicieux que la belle serveuse. Jamais fondants n’ont paru aussi bons à nos warriors. La cloche à délices, en somme, une adresse à retenir, pour le régal des papilles et des pupilles…

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Carole, si vous lisez ces quelques lignes, sachez que je dépose à vos pieds, au nom du groupe des warriors, mes plus respectueux et impétueux hommages.

La soirée s’achève au Lounge, mais Patou, comparativement à l’illumination de Carole, a légèrement perdu de son aura. Nos amis seront captivés par deux jeunes filles manifestement lesbiennes ainsi que par les tentatives d’approche d’un jeune type sur une fille très mignonne, approche couronnée de succès. Puis c’est le retour au palace.


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