Le nez en l’air : le blog de Coincoin



Amboise tour V : Chaumont

Le dernier jour à Amboise fut celui de l’hésitation ; que faire avant le départ du train ? Quel château visiter ? Une certitude et une seule : il me fallait retourner une troisième fois ( ! ) au Clos Lucé acheter des cartes postales de dessins de Léonard. Nous le fîmes, non sans avoir un peu vadrouillé dans Amboise avec le poids de la fatigue des deux jours écoulés, où nous trouvâmes essentiellement des touristes se plaignant de la présence des touristes et des gens.

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Nous repartîmes donc une fois de plus au Clos Lucé, nous achetâmes nos petits souvenirs plus ou moins idiots, et nous revînmes au centre ville, où enfin nous pûmes tester le restaurant chaudement recommandé par notre hôtel, l’Epicerie (46 place Michel Debré) Hé bien nous ne fûmes pas déçus. Si si ! Pour une vingtaine d’euros, on y mange excellemment ! que ce fût la daurade – plat féminin paraît-il – de Marie, ou mes rillons, je crois pouvoir dire que nous nous régalâmes allègrement, jusqu’au dessert qui, enfin, s’avéra délicieux. Donc pour ceux qui auraient envie de très bien manger, lors d’un ptit séjour à Amboise, Marie et moi vous le recommandons sans réserve, et nous en profitons pour rappeler l’adresse : l’Epicerie, 46 place Michel Debré. (Nous ne possédons aucune action dans ce restaurant mais si vous y allez, vous comprendrez le plaisir que nous y avons pris…)

Après ce suave repas et quelques cartes postales rédigées, nous retournâmes chercher nos affaires à l’hôtel, non sans avoir cherché en vain – mais avec opiniâtreté – un bonnet aux armes et nom de la ville d’Amboise pour un mister B que la décence m’interdit de nommer. Puis nous nous dirigeâmes vers la petite gare où nous étions arrivés l’avant-veille, avec un dernier regard vers le château lors du passage sur le pont séparant les deux rives. L’inscription avait été effacée de la vitrine du charcutier, et nous patientâmes de longues minutes sur le quai de la gare, le train accusant un retard d’une vingtaine de minutes, sans que la moindre information ne nous explique le pourquoi du comment, ni même le comment du pourquoi. SNCF, à nous de vous faire préparer la voiture…

9 minutes plus tard, nous arrivions, chargés comme des mules, en gare d’Onzain, petite ville où se trouvait le château de Chaumont, château que Marie, un peu comme une vengeance par rapport au vélo, avait unilatéralement décidé de visiter. Un peu fatigués, nous quêtions du regard une quelconque indication géographique quant à la direction à prendre pour trouver le château, quand nous décidâmes de demander conseils à deux femmes indigènes, fort aimables : ces dernières, voyant notre probable piteux état, nous prirent en affection et se proposèrent de nous amener en voiture au lieu recherché. Nous acceptâmes, et, au fur et à mesure que nous roulions, nous nous décomposions silencieusement en songeant au retour, tant paraissait interminable ce chemin reliant la gare au château.

Arrivés aux pieds de l’imposante bâtisse, nous remercions nos adorables accompagnatrices, achetions une bouteille d’eau, rassemblions nos nombreux bagages, et nous préparions psychologiquement à affronter les quelques marches menant au château ; « plus de dix minutes de montée », nous assura la préposée aux billets, avec un sourire mi-sadique, mi-compatissant. Je regardai Marie d’un air qui se voulait culpabilisateur, mais « femme dispose », donc nous montâmes, sous le soleil et les sacs. Arrivés au terme de l’ascension, Marie avait perdu son billet, qu’elle retrouva finalement au fond de son sac, et nous pûmes donc, après avoir abandonné nos bagages à une employée, découvrir les caves du château où avait lieu une exposition d’un « artiste contemporain », paraît-il fort illustre, Jannis Kounellis.

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Je cite le prospectus, par pur mauvais esprit : « Jannis Kounellis est l’invité du Château de Chaumont-sur-Loire pour une durée de trois ans. Figure majeure de l’art contemporain depuis la fin des années 1960, Jannis Kounellis est l’un des représentants phares de l’ « arte povera ». » Bon, ce qu’il faut toujours avoir en tête avec l’art contemporain, c’est qu’on ne dira jamais d’un artiste qu’il est bon, doué ou génial, on dira qu’il est une « figure majeure », ou « très en vue », c’est le premier principe de base, et à ce petit exercice, Kounellis est très très contemporain ; l’œuvre importe moins que la reconnaissance, la qualité s’efface devant le mondain. Que fait donc cet illustre personnage ? « Révélé dans les années 1970, il a bâti une œuvre immense, nourrie de sacré et de mystère, qui associe peinture, sculpture et architecture. » Il est vrai que Kounellis met du sacré partout ; dans les toilettes, par exemple, où sur un fond exquis de carreaux en faïence, il place un poteau boisé au bout duquel pendouille une cloche ; on reste sans voix.

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Et que dire également de la cave où son génie s’exprime par ces deux gros sacs gris pendouillant mollement au plus près du sol ? L’émotion étreint, quelque chose comme la présence du divin susurre à qui sait se rendre attentif ; l’homme normal, lui, pouffe.

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Après ce regrettable moment de pitoyable bouffonnerie cultureuse, nous pûmes visiter les autres pièces du château, achevé en 1510, et devenu objet de transaction entre Catherine de Médicis et Diane de Poitiers, lorsque la mort d’Henri II contraint cette dernière à céder Chenonceau et accepter Chaumont en compensation. Toutefois, l’intérieur fut aménagé par la famille de Broglie au XIXème siècle, dans un style gothique ou Renaissance, le mobilier ayant donc été acheté a posteriori.

La salle du conseil est particulièrement réussie, grâce au rachat par les Broglie d’un carrelage majolique provenant de Palerme, absolument somptueux ; les restaurations récentes ont mis en pleine lumière cet extraordinaire carrelage, et c’est certainement la pièce la plus surprenante de ces lieux.

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La chambre de Catherine de Médicis, bien moins imposante qu’à Chenonceau, n’en présente pas moins une jolie collection de médaillons, ainsi qu’un portrait de Miss Catherine.

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Enfin, en sortant du château, de grandioses écuries peuvent être visitées, bien qu’elles datent de 1877, et révèlent bien plus la vie mondaine des Broglie qu’une quelconque activité renaissante ou classique.

Après cette visite, qui nous fit rater un train, il nous fallut repartir, à pieds cette fois, vers la gare ; redescendre les marches, traverser un pont immense, se perdre dans les petites rues de la ville, regarder frénétiquement sa montre, telles furent nos ultimes activités lors de ce petit périple, commencé dans le 37 et achevé dans le 41, auquel la dernière note de ce blog rend un hommage sous forme de private joke… (non, ce n’est pas le coup des trains qui roulent à gauche en France…)

http://www.dailymotion.com/video/x4ffpm


  1. Raph écrit:

    Ouah ! Quelle épopée !

    Mais tout ceci n’est rien en comparaison de ce qu’on va te faire voir quand tu viendras chez nous !!!

    Lol !

    Citer | Posté 1 août, 2008, 16:11
  2. coincoin écrit:

    C’est pour ça que je ne viens pas, ouarf ouarf ouarf !!!!

    Citer | Posté 4 août, 2008, 12:40
  3. Raph écrit:

    LOL ! oui mais plus tu retardes et plus nous serons sadiques !!!
    Héhéhé !

    Citer | Posté 7 août, 2008, 18:06
  4. nezenlair écrit:

    Diable !

    Citer | Posté 19 août, 2008, 21:13
  5. visiteuse écrit:

    en cherchant « le blog de la richesse » google m’a envoyée sur « le blog de coin coin » je suis consternée!!!!
    arrrrggghhh….

    Citer | Posté 18 novembre, 2008, 18:58
  6. Coincoin écrit:

    J’en suis désolé, chère visiteuse.

    Citer | Posté 18 novembre, 2008, 19:17

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