Le nez en l’air : le blog de Coincoin


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Devoirs de vacances

Bon, avant de partir en vacances, c’est-à-dire juste avant de rater, comme d’habitude, mon train, je vais répondre à la question que personne ne se pose : que vais-je lire en vacances ?

La question, en elle-même intégralement dénuée d’intérêt, reçoit une réponse qui accomplit l’exploit d’être plus singulièrement inintéressante encore que ladite question qui l’avait suscitée.

Tout d’abord un peu de littérature : L’ennui de Moravia, les confessions d’un enfant du siècle de Musset et, sous la saine (et sainte ?) impulsion de Camille, je vais relire l’éducation sentimental dont Raoul m’avait également dit le plus grand bien. Et pour la franche rigolade, un Sollers, dont les incessantes évocations furtives de Céline et Picasso, Dante et Rimbaud, qui agrémentent ce qu’il prétend être de la littérature, ne cessent de me faire rire aux éclats.

Un peu de philo aussi, le Bergson de Jankélévitch, que Bergson himself avait beaucoup aimé je crois ; je devrais pas vous le dire, mais tant pis : j’aime tellement Jankélévitch que je me suis acheté l’édition originale du Bergson. Ca en jette, non ! Quoi « parvenu » ??!!! Je vais finir le livre de Bacon sur Le progrès et la promotion des savoirs, finir Kant et l’ornithorynque d’Umberto Eco, et puis potasser un peu le Pellegrin sur Aristote et les savoirs (au fait les copains, je me suis trouvé le bouquin de Granger sur la théorie de la science chez Aristote ! Petit bonheur de la vie quotidienne…)

Puis pour pas oublier le doctorat, je vais finir la figure et le lieu de Francastel, la biographie de Fra Angelico par l’ami Centi (entre nous, elle est un peu chiante, puis l’auteur fait rien qu’à écrire en italien) et commencer le codex Huygens de Panofsky ainsi que la monographie de Néret sur Michel-Ange parue chez Taschen.

Bon ça fait déjà pas mal de boulot tout ça. Très certainement je succomberai à l’achat de quelques conneries sur place, et me ruinerai en futilités que jamais je ne lirai.

J’emporterais bien mes dvd de Rohmer (vous savez, le frère de René Schérer, le traducteur des Recherches logiques et, accessoirement, l’auteur de l’Emile Perverti, véritable hymne à la pédophilie) mais j’ai peur que les étuis se brisent dans un choc imbécile lors du voyage ; je serai réduit à acheter les dvd du Figaro magazine cet été. Monde cruel !

Ah, j’allais oublier, j’aurai aussi le hors série de Sciences et avenir sur les extra-terrestres qui sont sur le point de nous envahir, et le numéro spécial de la recherche sur le cerveau. Passionnant tout cela.


Théophile Bra au musée de la Vie romantique : hermétisme et mystique

Qui connaît Théophile Bra ? Pour qui est un petit peu versé dans l’ésotérisme, c’est l’inoubliable auteur de L’évangile rouge[1], que Gallimard a eu la bonne idée de rééditer récemment. L’évangile rouge, c’est un passionnant journal intime qui relate ses expériences mystiques, sur un mode ésotérique, de 1826 à 1829. Les expériences décrites y sont consignées sur un registre occulte, qui alimenta fort longtemps les interprétations les plus hardies, sans que ne soit totalement décryptée, toujours aujourd’hui, toute la richesse du propos et des expériences que le XIXème siècle avait attribuée à une vésanie fabuleuse. Bra fréquentait alors les cercles swedenborgiens et était en proie aux hallucinations les plus surprenantes, hallucinations qu’il attribuait à de la mystique, laquelle confinait, selon les médecins de l’époque, à de la folie. Néanmoins, ayant consigné très méticuleusement ses expériences extatiques dans des carnets tenus secrets, on fut très vite amené à penser que sa prétendue folie avait été fortement exagérée, tant les comptes-rendus semblaient lucides et précis. C’est pourquoi l’Evangile rouge constitue aujourd’hui une des Bibles (sans mauvais jeu de mots) de l’ésotérisme et l’on ne saurait trop remercier les éditions Gallimard de l’avoir réédité.

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Mais Bra, ce n’est pas que ce livre fragmenté, à la fois épistolaire et diariste, c’est surtout un sculpteur ; ô imbécile que je suis ! je n’ai découvert sa profession que fort récemment, à l’occasion d’une exposition que le musée de la vie romantique lui a consacrée et que je visitai en la délicieuse compagnie de Sandrine. Il ne s’agissait pas, pourtant, du Bra sculpteur, loin s’en faut, mais du Bra dessinateur. Le Bra dessinateur n’est ni connu ni remarquable : sa formation est celle d’un sculpteur classique, primé à l’Ecole des Beaux Arts, et 2ème grand prix de Rome en 1818. Parallèlement à l’école des beaux arts, il suit des cours d’anatomie, de littérature, de religion, de physiologie, d’astronomie et de philosophie. En 1822, il se lie avec l’élite libérale, et rencontre Benjamin Constant, François Guizot, avant de se faire initier à la loge de la parfaite Union de Lille en 1824. A 28 ans, il reçoit déjà la légion d’honneur et en 1826 il se lance dans ses expériences extatiques de voyance, de somnambulisme, expériences qui constitueront le cœur de l’Evangile rouge, mais qui nourriront aussi pendant plus de 25 ans ses réflexions sur l’ésotérisme.

Sa carrière de sculpteur est impressionnante : à la manière de David, il ne conçoit que le monumental, et ne travaille que pour des commandes publiques : il participe à plusieurs salons, à Paris, mais aussi à Douai, il obtient une commande pour un monument à la gloire du duc de Berry pour Lille, il décore la Madeleine, propose nombre de projets pour Versailles, et participe aux sculptures de l’Arc de Triomphe et décore le Sénat. Dès l’âge de 22 ans, il est reconnu comme un artiste très doué, salué par Etienne Geoffroy Saint Hilaire ou Quatremère de Quincy, secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux Arts. Sculpteur reconnu, donc, mais illustrateur méconnu.

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Heureusement, une exposition à Houston en 1998, le musée de la Chartreuse à Douai en 1999 et le musée de la vie romantique en 2007 ont rendu hommage à son œuvre dessinée qui, disons-le d’emblée, présente un intérêt moins artistique qu’ésotérique. L’exposition du musée de la vie romantique ne présentait que des dessins d’ordre métaphysique et ésotérique, singulièrement hermétiques pour qui n’avait pas lu L’évangile rouge, l’hermétisme déroutant n’étant hélas pas compensé par une qualité remarquable des œuvres proposées.

Le point nodal de la métaphysique de Bra, c’est la recherche d’unité, thème classique de l’ésotérisme. Très jeune, dès 5 ou 6 ans, il éprouve ce qu’il appelle sa « maladie d’unité », où la scission de son corps et de son esprit lui est intolérable : au même âge lui apparaissent en songe des formes inconnues, des têtes de feu, dont l’exposition propose quelques représentations. Dès lors, Bra recherchera dans toutes les traditions religieuses et métaphysiques l’idée d’unité, d’Un, et la trouvera tantôt dans un christianisme de nature spiritualiste, dans l’Upanishad, ou dans la religion égyptienne dont les écritures ont été déchiffrées en 1814. Le Christianisme sera évidemment présent, mais sous forme théosophique, inspirée de Swedenborg, avec un versant johannique évident.

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Fort de sa formation en astronomie, et introduit en loge, Bra peut également fréquenter quelques célèbres astronomes franc-maçons, comme Arago (celui auquel Paris doit son méridien) avec lequel il entretient une savante correspondance, dissertant notamment autour de l’anneau saturnien dont le symbolisme ésotérique est connu : l’alchimie, pour ne parler que d’elle, considère qu’il est urgent de fluidifier le gaz de Saturne afin de lui redonner sa fluidité intérieure, et l’anneau saturnien constitue ainsi une métaphore du cercle parfait où se joue le passage vers l’au-delà. Une étrange alchimie se crée aussi avec Balzac, franc-maçon s’il en est, qui s’intéresse de près aux sciences positives et à l’occultisme et dont le personnage de Balthazar Claës dans La recherche de l’absolu est une reprise cryptée de la vie de Théophile Bra de même que Séraphitus est l’équivalent littéraire de l’Ange de Bra.

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Bra eut deux femmes auxquelles il demandait de pratiquer le somnambulisme et le magnétisme. Comme toute personne versé un tant soit peu dans l’ésotérisme, Bra était convaincu que la sexualité et l’amour signalaient un dépassement métaphysique, et permettaient d’éprouver des jouissances proches de béatitudes célestes. Sa première femme, Christovalina, meurt en 1829 ; c’est la fin des expériences décrites dans l’Evangile rouge et le début de véritables délires, ce qui tend à prouver que les expériences relatées dans L’Evangile rouge ne relèvent pas de la folie… Quoi qu’il en soit, Bra avait connu avec Christovalina de véritables expériences mystiques, fusionnelles, où la sexualité se faisait accès vers l’absolu, un peu à la manière du Banquet ou des expériences renaissantes et, plus généralement, des idées romantiques.

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L’exposition propose également des dessins d’ordre maçonnique, avec équerres, compas, symboles cosmologiques, étoiles à 5 branches, etc. Quelques roses, symboles de perfection et de beauté, personnifient sa première femme, trop tôt disparue. On y retrouve l’ensemble de la symbolique ésotérique, de l’échelle comme voie d’accès vers l’au-delà au langage initial de l’âge d’or, le tout sur un fond christique et hindou…

En définitive, cette exposition montre une quête d’unité métaphysique à travers les écueils de la diversité mondaine ; plusieurs expériences sont tentées, de l’amour métaphysique aux techniques ésotériques, sur fond d’unité christique, ce qui a le mérite d’illustrer concrètement le sens du syncrétisme ambiant au XIXème siècle, dont Schuré sera somme toute le fidèle produit, à savoir de cette idée de Philosophia Perennis selon laquelle l’Un se donne dans toutes les traditions, de Pythagore au Christ, en passant par l’hindouisme et la loi mosaïque. Il n’est pas certain que les dessins soient très bons, et Sandrine ne fut guère enchantée par l’exposition ; néanmoins, pour qui s’intéresse à l’ésotérisme et aux tourments de l’âme humaine, c’est une expérience plus qu’intéressante, mystérieuse et déroutante.

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[1] Théophile Bra, L’évangile rouge, Gallimard, Paris, 2000


Gand 1 : retour sur Henri de Gand…

Lors du séjour où me fut donné à voir Waterloo, nous allâmes, avec Benoît, découvrir la bonne vieille ville de Gand, qui évoquait, outre une célèbre ville flamande et, je crois, la patrie de Maeterlinck, un philosophe peu connu, Henri de Gand, qu’un camarade de DEA avait pris en affection, et dont l’évocation « archéologique » nous faisait toujours un peu rire. Certes, Gand c’est d’abord une superbe ville de Flandres, pleine de façades amusantes, mais c’est d’abord, pour l’obsédé de philosophie que je suis, le nom d’un philosophe devenu mythique l’année dernière…

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Henri de Gand, pour ceux qui ne connaissent pas l’énergumène, c’est un philosophe-théologien qui, dit-on, aurait été le premier à enseigner la philosophie à Gand en corrigeant Aristote par Platon, grâce à la saine influence d’Avicenne.

Le point de départ de sa pensée est l’idée selon laquelle toute chose ayant une consistance est présente en Dieu, et à ce titre relève de l’essence, ce qui présuppose que l’idée soit encore pensée comme forme dans l’essence divine, à la manière thomiste, ce sans quoi la réduction à l’essence serait inintelligible. En somme, l’idée est encore du côté de l’essence divine et non du côté de l’objet, ce qui range d’emblée Henri de Gand parmi les idéalistes. Néanmoins, la position d’Henri de Gand est plus subtile qu’elle n’en a l’air : si elle est s’appuie certes sur l’essence divine, quitte à imiter celle-ci, elle en est distincte dès lors qu’elle se fait objet de connaissance.

Henri de Gand forge ainsi le concept d’une « essence absolue » qui porte en elle toute la subtilité relevée ci-dessus : elle n’est ni tout à fait universelle (essence divine) ni tout à fait particulière (objet connu) ; elle constitue simplement un contenu intelligible qui a ceci de curieux qu’il est parfaitement indifférent aux déterminations existentielles, qu’il ne réclame pas le support d’une actualité effective pour être valable. Cela revient à dire que l’essence absolue qui est à la fois du côté de l’essence divine et du côté de l’objet, mais jamais entièrement, subsiste hors de toute présence réelle. Ou, pour le dire avec les mots de Courtine, la réalité objective subsiste indépendamment de l’actualisation de l’objet dans la nature effective. Henri de Gand est donc amené à distinguer l’esse essentiae de l’esse existentiae, distinction que reprendra Suarez.

La pensée d’Henri de Gand définit ainsi une noétique : l’intellect saisit les essences en vertu même de leur objectivité ; autrement dit, l’essence absolue est accessible à l’intellect en raison même de son caractère objectal qui confère une valeur ontologique intrinsèque à l’essence : de là la fameuse esse essentiae, qui permet à l’essence de se maintenir dans l’être indépendamment de toute actualisation existentielle, précisément en raison du support ontologique induit par son objectivité. De ce fait, quelle que soit l’essence, l’être sera présent en elle, indépendamment de son existence ce qui permet à Henri de Gand de faire de celui-ci – l’être – l’objet premier de l’intellect. Pourquoi ? Reprenons le raisonnement depuis le début : à quelle condition l’essence est-elle accessible à l’intellect ? Elle lui est accessible en raison même de sa constitution objectale – son caractère d’objet – par lequel elle accède à la consistance ontologique. Par conséquent, une essence saisie par l’intellect ne peut l’être que si l’intellect accède à l’être de l’essence défini par son objectivité si bien que l’être sera toujours premier dans l’ordre de la noétique. Bref, l’intellect est cette passivité même qui reçoit l’objectivité de l’essence en tant que l’objectivité assoit l’essence dans sa position ontologique par laquelle seule elle peut devenir consistante aux yeux de l’intellect.

Il faut tirer les conclusions qui s’imposent après cela : l’essence, en tant qu’elle possède un support ontologique (esse essentiae) indépendamment d’une assise existentielle (esse existentiae) ne diffère pas fondamentalement de l’existence ; en effet, l’ordre de l’essence et l’ordre de l’existence se rejoignent dans l’ordre de l’être, ce qui revient à clairement soutenir la thèse selon laquelle l’existence et l’essence ne diffèrent pas réellement ; seule une différence intentionnelle est en mesure de les discriminer puisque l’existence comme l’être reposent sur un support ontologique par lequel seul devient possible une connaissance intellectuelle. Cette thèse sera magistralement développée par Dietrich de Freiberg, dans la polémique avec Thomas, autour du De ente et essentia.

Pour les petits curieux qui souhaiteraient en savoir plus, voici une bibliographie hélas fort succincte car, ainsi qu’en témoigne le résumé lapidaire ci-dessus, ma connaissance d’Henri de Gand est proche du zéro. On trouvera dans le recueil Le contemplateur et les idées[1] de puissantes analyses autour d’Henri de Gand et la révolution scotiste, tandis que l’imposant volume Sur la science divine[2] présentera des traductions inédites d’Henri de Gand, de Suarez, de Duns Scot, de Pierre Lombard, d’Hugues de Saint Victor, etc. Plus récemment, les Belles Lettres ont eu la bonne idée de présenter les textes autour du débat sur la contingence[3] où l’on comprend clairement comment Henri de Gand est amené à nier l’être comme distinct de l’essence (thèse de Gilles de Rome) en raison même de la contingence issue de la liberté divine.


[1] Olivier Boulnois, Jacob Schmutz, Jean-Luc Solère (dir.), Le contemplateur et les idées, modèles de la science divine, Vrin, 2002

[2] Olivier Boulnois, Jean-Claude Bardout, Sur la science divine, PUF, coll. Epiméthée, 2002

[3] Etre, essence et contingence, les Belles Lettres, 2006


Gand 2 : visite urbaine

Au-delà de cette présentation de ce cher Henri de Gand, Gand est une ville magnifique, « pétillante d’authenticité » selon le prospectus. A peine arrivés, Benoît et moi sirotâmes une ptite bière dans un café magnifique, en face duquel s’élevaient de somptueux bâtiments renaissants. République dès 1579, Gand connut en effet, outre une période médiévale florissante, une intense activité renaissante. Calviniste, puis soumise aux Espanols (1584) elle fut le théâtre de luttes religieuses mais aussi de constructions architecturales remarquables comme en témoigne la photo présentée. Fait curieux, le 16ème siècle est le théâtre de constructions encore gothiques, déjouant la classification traditionnelle, comme l’aile de l’hôtel de ville, commencée en 1518 et de style incontestablement gothique. C’est pourquoi se côtoient des façades franchement gothiques, et des façades franchement renaissantes, laissant croire à une cohabitation d’époques différentes alors que deux ou trois décennies seulement séparent ces styles, ce qui est fort déroutant.

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Mais Gand, c’est d’abord la cathédrale Saint Bavon, aux 22 autels, construite sur l’ancienne église Saint Jean, attestée dès 941 ! Elle fut consacrée cathédrale en 1559 mais eut à subir deux incendies en 1628 et 1640 où la couverture boisée du chœur est remplacée par une voute de pierre.

Avant qu’elle ne devînt cathédrale, l’église saint Bavon connut plusieurs extensions : au 13ème siècle, on y ajouta des chapelles sur les flancs, une voûte en bois, tandis qu’en 1543 elle fut flanquée d’une flèche ; la version définitive fut achevée en 1561.

Au-delà d’un subtil mélange de marbre et de bois (du chêne semble-t-il), la cathédrale renferme la plus célèbre toile des frères Van Eyck, l’adoration de l’agneau mystique, stupéfiante composition pascale où se répandent douceur et harmonie selon une rigoureuse construction symétrique, incroyablement novatrice pour l’époque. L’agneau mystique a ceci de particulier qu’il pense ensemble l’espace et le remplissement de l’espace ou, pour le dire plus clairement, qu’il intègre les personnages de façon cohérente à son espace figuratif. La lumière est extérieure à l’œuvre, ce qui rend possible cette intégration, car il n’est plus besoin de scinder la source lumineuse de ce qu’elle éclaire. Ainsi se crée une toile incroyablement harmonieuse, et particulièrement douce, placée le 6 mai 1432 dans la cathédrale Saint Bavon (à l’époque, église Saint Jean pour ceux qui ont suivi).

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Mais Gand c’est aussi l’imposant Château des Comtes, voulu par Philippe d’Alsace (qui était comte de Flandre), où une surréaliste salle de tortures surprend le visiteur. Benoît et moi, devant le raffinement des méthodes employées, nous sommes surpris à songer que nos jolis cours de philosophie médiévale où nos professeurs s’efforçaient de nous expliquer que le Moyen-Age n’était pas l’effroyable barbarie des images d’Epinal, paraissaient soudainement singulièrement vains. Un instrument retint particulièrement notre attention : une sorte d’anneau métallique nanti de pointes tournées vers l’intérieur ; on glissait ses anneaux autour des poignets et des chevilles du supplicié, si bien que celui-ci, tant qu’il restait immobile, ne souffrait pas, car il pouvait faire en sorte de ne pas toucher les pointes métalliques. Mais, bien évidemment, on infligeait au supplicié des brûlures un peu partout ce qui l’obligeait à bouger violemment et, par conséquent, il se condamnait lui-même en projetant ses chevilles et poignets vers les pointes qui lui perforaient les veines. Raffinement dans l’horreur…

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Poursuite de la visite, par ici msieurs dames !

Un sublime beffroi surmonté d’un dragon scrute la ville et sonne le bourdon (« klokke Roeland) afin d’alerter la population pour les fêtes collectives au premier rang desquelles les exécutions capitales… Mais le bourdon sonnait aussi pour prévenir les invasions, et, dit-on, il résonna dès la guerre de Cent ans où la ville, sous l’égide de Jacques Van Artevelde, se rangea derrière l’Angleterre ; il sonna aussi en 1540 lorsque Charles Quint (pourtant originaire de Gand) réprima une violente émeute. 

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Indépendamment de ses imposants bâtiments, Gand est une ville d’eau : elle a pris naissance au confluent de l’Escaut et de la Lys qui permirent le développement économique de la cité. Depuis le pont saint Michel, on peut découvrir les trois tours de Gand, l’église saint Nicolas, le Beffroi et la Cathédrale saint Bavon, mais surtout on peut apercevoir le reflet sublime des façades le long des quais Graslei et Korenlei. Il faut avoir vu le petit port de plaisance et les couleurs magnifiques se dédoubler dans l’eau trouble pour éprouver toute la beauté du lieu, rehaussée, de surcroît, par d’incessantes étudiantes à vélo, pleine d’une nordique blondeur.

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Il ne me reste plus qu’à remercier Benoît pour ce délicieux séjour, et Maud, pour ce charmant dîner au Loup voyant (quelle mémoire !) ; j’espère être à la hauteur lorsque vous viendrez à Paris en août !


Waterloo 1 : 15 juin 2007 -> 17 juin : la lenteur de Ney compromet la stratégie napoléonienne

Mon ami Benoît m’avait convié deux jours chez lui, en Belgique, deux jours où je pus visiter non seulement une des gares de Bruxelles mais aussi, et surtout, Maud, Gand et Waterloo, cette dernière étant plus qu’émouvante pour un Français encore plein du traumatisme de l’inique défaite napoléonienne, et du souvenir du risible Grouchy, dont l’exemple est cruellement choisi par nombre de philosophes analytiques pour analyser les modalités. La découverte de cette plaine qui n’était jusqu’alors qu’une scène des Misérables et une défaite historique lue dans les livres d’histoire me parut fort émouvante, bouleversante même. Je me suis rappelé l’emphase hugolienne, et le lion grotesque me fit replonger dans Les Misérables :

« L’effrayant 18 juin revit ; la fausse colline-monument s’efface, ce lion quelconque se dissipe, le champ de bataille reprend sa réalité ; des lignes d’infanterie ondulent dans la plaine, des galops furieux traversent l’horizon ! le songeur effaré voit l’éclair des sabres, l’étincelle des baïonnettes, les flamboiements des bombes, l’entre-croisement monstrueux des tonnerres ; il entend, comme un râle au fond d’une tombe, la clameur vague de la bataille fantôme ; ces ombres, ce sont les grenadiers ; ces lueurs, ce sont les cuirassiers ; ce squelette, c’est Napoléon ; ce squelette, c’est Wellington ; tout cela n’est plus et se heurte et combat encore ; et les ravins s’empourprent, et les arbres frissonnent, et il y a de la furie jusque dans les nuées, et, dans les ténèbres, toutes ces hauteurs farouches, Mont-Saint-Jean, Hougomont, Frischemont, Papelotte, Plancenoit, apparaissent confusément couronnées de tourbillons de spectres s’exterminant. »[1]

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A Waterloo, Napoléon aurait dû gagner ; toute personne de bonne foi le sait. (hum…) L’idée géniale de Napoléon consistait à compenser son infériorité numérique par un écrasement rapide de Wellington venant de Bruxelles, et de Blücher arrivant de Namur. « Son plan de bataille était, de l’aveu de tous, un chef d’œuvre. Aller droit au centre de la ligne alliée, faire un trou dans l’ennemi, le couper en deux, pousser la moitié britannique sur Hal et la moitié prussienne sur Tongres, faire de Wellington et de Blücher deux tronçons ; enlever mont Saint-Jean, saisir Bruxelles, jeter l’Allemand dans le Rhin et l’Anglais dans la mer. »[2]

Ce plan génial s’appuyait sur la morphologie de Mont-Saint-Jean, ancien nom de Waterloo. « Ceux qui veulent se figurer nettement la bataille de Waterloo, écrit Victor Hugo, n’ont qu’à coucher sur le sol par la pensée un A majuscule. »[3] Napoléon voulait, d’une certaine manière, repousser les deux armées coalisées le long des branches du A, de telle sorte que jamais elles ne se rejoignent. « Quant à la pleine en elle-même, qu’on se représente un vaste terrain ondulant ; chaque pli domine le pli suivant, et toutes les ondulations montent vers Mont Saint-jean, et y aboutissent à la forêt. »[4]

Le 15 juin, Napoléon franchit la Sambre à Charleroi mais il est épuisé et doute déjà des compétences de Grouchy auquel il confie, pourtant, l’aile droite, tandis que l’aile gauche revient à Ney. Mais une sombre inquiétude le ronge : « Mais que faire, puisqu’ils ne saisissent pas ce que je veux, qu’ils ne l’exécutent pas, écrit-il le 15 juin. »[5] Il ne dort pas et le 16 il rejoint la Garde au village de Ligny d’où il observe l’armée à la lunette. Les Prussiens reculent. Les succès sont fragiles mais réels. « Tout le monde connaît la première phase de cette bataille écrit Hugo ; début trouble, incertain, hésitant, menaçant pour les deux armées, mais pour les Anglais plus encore que pour les Français. »[6] Les Anglais reculent en effet, mais ils tiennent les Quatre Bras. Pourtant, « vers quatre heures, la situation de l’armée anglaise était grave. Le prince d’Orange commandait le centre, Hill l’aile droite, Picton l’aile gauche. Le prince d’Orange, éperdu et intrépide, criait aux Hollando-Belges : Nassau ! Brunswick ! jamais en arrière ! Hill, affaibli, venait s’adosser à Wellington, Picton était mort. »[7]

Malgré cela, Napoléon fulminait : c’était trop lent, Ney était à la peine. Trois heures de perdues ! lance Napoléon à Ney, convaincu que c’était une erreur de laisser les Anglais se retrancher ; le plan de bataille était fondé sur une attaque éclair, le sort de la guerre devait se régler en trois heures. Les trois heures étaient écoulées, les Anglais étaient juste retranchés, et non écrasés. Un orage éclate, une pluie diluvienne s’abat sur la plaine. La fatigue gagne les hommes tandis que la boue née de la pluie empêche toute manœuvre. En ce 17 juin, plus rien n’est possible, les trois heures ont été gâchées, Napoléon est malade et l’attaque est remise au lendemain. Une nuit passe.



[1] Victor Hugo, Les Misérables, tome I, Waterloo, edition Gohin, Gallimard, folio, 1995, p. 459 

[2] Victor Hugo, Les Misérables Tome I, Waterloo, édition Gohin, Gallimard, folio, 1995, p. 414 

[3] Ibid., p. 415

[4] Ibid. p. 416

[5] Cité par Max Gallo, Napoléon, L’immortel de sainte Hélène, pocket, 1999, p. 408

[6] Hugo, op. cit., p. 417

[7] Ibid. p. 421


Waterloo 2 : La déroute du 18 juin 1815 et le bivouac de l’Empereur

« L’empereur, quoique malade et gêné à cheval par une souffrance locale, n’avait jamais été de si bonne humeur que ce jour-là. Le 18 juin 1815, cette âme profonde, masquée de marbre, rayonnait aveuglément. L’homme qui avait été sombre à Austerlitz fut gai à Waterloo. Les plus grands prédestinés font de ces contre-sens. Nos joies sont de l’ombre. Le suprême sourire est de Dieu. »[1]

Pendant la nuit, les Anglais avaient fortifié leurs bâtiments, le château Hougoumont notamment, mais aussi la mythique ferme de la Haie-Sainte. Drouot, inquiet, murmure : « on ne peut engager une bataille ce matin. L’artillerie s’embourbera. »[2] Reille confirme : « L’infanterie anglaise est inexpugnable en raison de sa ténacité calme et de la supériorité de son tir. Avant de l’aborder à la baïonette, on peut s’attendre à ce que la moitié des assaillants soient abattus. Mais si l’on ne peut la vaincre par une attaque directe, on peut le faire par des manœuvres. »[3] Napoléon écoute, réfléchit mais conclut que Wellington est un mauvais général. Il dicte à Soult un message à destination de Grouchy, lui demandant de se rapprocher de la plaine. « La tactique de Napoléon, écrit Tulard, consistait à détruire la gauche anglaise pour empêcher toute jonction avec les Prussiens. Mais les attaques de Drouet d’Erlon et de Reille furent durement repoussées. Napoléon se détermina alors à attaquer au centre. »[4] 

Napoléon demande à l’armée d’attaquer à neuf heures du matin, heure à laquelle retentit Veillons au salut de l’Empire ; toute l’armée était prête pour le « spectacle formidable »[5] ; les premiers coups de canon résonnent à 11h30, ce 18 juin. Une demi-heure plus tard, les fantassins, sous la direction de Jérôme, se font sévèrement décimer. Au loin, le nuage de poussière indique l’arrivée de Grouchy mais, à 13 heures, Napoléon comprend que c’est Blücher. Les assauts inefficaces de Jérôme, de Drouet et de Reille sont abandonnés : désormais, ce sera au centre toute ! Vaincre rapidement avant l’arrivée des Prussiens. Kellermann et Milhaud sont tout proches de l’écrasement des Anglais mais hélas surgit Bulow, sur la droite. Napoléon doit scinder son armée et supporter le front droit en plus de l’assaut frontal. La « mer d’acier » de Ney pour enfoncer les positions anglaises échoue : Ney perd cinq chevaux, quoique les cuirassiers anglais meurent les uns après les autres. « Les chevaux épuisés par la course arrivent lentement sur les fusils et les canons anglais qui les taillent en pièces. »[6] Napoléon, épuisé et souffrant, ne décolère pas après Ney : « Le malheureux ! C’est la seconde fois depuis avant-hier qu’il compromet le sort de
la France ! »

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Nul mieux que Hugo ne sut évoquer ces prémisses de la défaite. « L’instant fut épouvantable. Le ravin était là, inattendu, béant à pic sous les pieds des chevaux, profond de deux toises entre son double talus ; le second rang y poussa le premier, et le troisième y poussa le second ; les chevaux se dressaient, se rejetaient en arrière, tombaient sur la croupe, glissaient les quatre pieds en l’air, pilant et bouleversant les cavaliers, aucun moyen de reculer, toute la colonne n’était plus qu’un projectile, la force acquise pour écraser les Anglais écrasa les Français, le ravin inexorable ne pouvait se rendre que comblé, cavaliers et chevaux y roulèrent pêle-mêle se broyant les uns les autres, ne faisant qu’une chair dans ce gouffre, et, quand cette fosse fut pleine d’hommes vivants, on marcha dessus et le reste passa. Presque un tiers de la brigade Dubois croula dans cet abîme.

Ceci commença la perte de la bataille. »[7]

De l’avis de tous, « si Napoléon, en ce moment-là même eût songé à son infanterie, il eût gagné la bataille. »[8] En effet, malgré les échecs de la cavalerie, des régiments entiers de cuirassiers anglais furent décimés. « Ces Ecossais mouraient en pensant au Bon Lothian, comme les Grecs en se souvenant d’Argos. »[9] L’infanterie eût nettoyé ce qu’il restait mais Napoléon n’y songea guère ; il la laissa contenir – en vain – l’avance prussienne et se priva de l’indispensable supplément de la cavalerie. Au lieu des fantassins, il mobilisa la jeune Garde et cinq bataillons de grenadiers : «  la Garde, espoir suprême et suprême pensée. » Hélas, la Garde se fait surprendre deux fois : ces six mille hommes qui devaient percer le front anglais au son de « Vive l’Empereur » voient surgir, au sommet de la pente, des Anglais par centaines, dissimulés par les haies. L’Anglais mitraille, le Français recule. Là où était attendu Grouchy surgit en même temps l’ennemi prussien. « Le recul de la Garde, combiné à l’apparition soudaine d’un nouvel ennemi là où était attendu Grouchy, provoqua une panique générale dont profitèrent les Anglais pour lancer à leur tour une offensive. La retraite se transforma en une déroute qui ne s’arrêta qu’à la frontière. »[10]

La déroute est totale, les Prussiens intrépides. « La cavalerie prussienne, fraîche venue, s’élance, vole, sabre, taille, hache, tue, extermine. Les attelages se ruent, les canons se sauvent ; les soldats du train détellent les caissons et en prennent les chevaux pour s’échapper ; des fourgons culbutés les quatre roues en l’air entravent la route et sont des occasions de massacre. On s’écrase, on se foule, on marche sur les morts et sur les vivants. »[11] A neuf heures du soir, ce 18 juin, il n’en restait qu’un : Cambronne. « Donc, parmi tous ces géants, il y eut un titan, Cambonne.

Dire ce mot, et mourir ensuite. Quoi de plus grand ! car c’est mourir que de le vouloir, et ce n’est pas de la faute de cet homme, si, mitraillé, il a survécu.

L’homme qui a gagné la bataille de Waterloo, ce n’est pas Napoléon en déroute, ce n’est pas Wellington pliant à quatre heures, désespéré à cinq, ce n’est pas Blücher qui ne s’est point battu ; l’homme qui a gagné la bataille de Waterloo, c’est Cambronne.

Foudroyer d’un tel mot le tonnerre qui vous tue, c’est vaincre. »[12]

Cette défaite, aux yeux de Hugo, n’était pas méritée, pas normale ; Dieu, jaloux de l’Empereur, s’en mêla. « Pour que Waterloo fût la fin d’Austerlitz, la providence n’a eu besoin que d’un peu de pluie, et un nuage traversant le ciel à contre-sens de la saison a suffi pour l’écroulement d’un monde. »[13] Napoléon ne perdit pas une bataille, il connut le châtiment divin ; il expia.

« L’Empereur se tourna vers Dieu ; l’homme de gloire

Trembla ; Napoléon comprit qu’il expiait. »[14]

Et après cet acmé métaphysique où Dieu dut lui-même intervenir pour mettre fin à l’épopée éblouissante, ce ne fut que le néant, la restauration sans gloire ni grandeur. « Retomber de Bonaparte et de l’Empire à ce qui les a suivis, écrit Chateaubriand, c’est tomber de la réalité dans le néant, du sommet d’une montagne dans un gouffre. Tout n’est-il pas terminé avec j ? Aurais-je dû parler d’autre chose ? Quel personnage peut intéresser en dehors de lui ? De qui et de quoi peut-il être question, après un pareil homme ? Dante a eu seul le droit de s’associer aux grands poètes qu’il rencontre dans les régions d’une autre vie. Comment nommer louis XVIII en place de l’empereur ? Je rougis en pensant qu’il me faut nasillonner à cette heure d’une foule d’infimes créatures dont je fais partie, êtres douteux et nocturnes que nous fûmes d’une scène dont le large soleil avait disparu. »[15]

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Aujourd’hui, Waterloo, c’est une immense plaine, surmontée d’un monceau artificiel, où trône le fameux lion évoqué par Hugo. Au pied de la colline, un restaurant : Le bivouac de l’Empereur. Ce restaurant mériterait un post à lui seul tellement on y mange bien ; même le pain y est délicieux. Si un jour, ô lecteur bienveillant, tu passes à Waterloo, ménage une pause repas dans cette charmante auberge : peu d’établissements en France sauraient offrir pareils délices !



[1] Ibid. p. 424

[2] Cité par Gallo, op. cit., p. 413

[3] Ibid.

[4] Jean Tulard, Napoléon ou le mythe du sauveur, Fayard, 1987, p. 434

[5] Hugo, op. cit., p. 434

[6] Gallo, op. cit., p. 415

[7] Hugo, op. cit., p. 436

[8] Ibid. p. 439

[9] Ibid.

[10] Tulard, op. cit., p. 436

[11] Hugo, op. cit., p. 448

[12] Ibid. p. 451

[13] Ibid. p. 413

[14] Victor Hugo, Expiation in Les châtiments, Gallimard, poésie Gallimard, 1977, p. 178, sq

[15] Chateaubriand, Mémoires d’outre Tombe, Tome II, livre XXV, LGF, 2002, p. 21


Le jeu de la play list. (Honte sur moi)

M’étant fait avoir par Camille, et poussé par l’exemple d’Halio, j’ai fini par céder au jeu ridicule de la playlist ! J’ai grandement honte, mais ça permet de revenir en douceur inaugurer ce blog. Soyez indulgents !!! 

La règle est simple. Brancher son lecteur MP3 ou sa chaîne ou sa playlist ou ce que l’on veut en mode aléatoire, et utiliser les chansons successives comme réponses aux (palpitantes) questions que voici… 

1.       Comment te sens-tu aujourd’hui ? 

Rod Stewart : She won’t dance with me / little queenie  

Hum, pas rassurant… Mais l’air est dynamique. 

2.       Iras-tu loin dans la vie ? 

Queen : hallo Mary Lou 

J’ai toujours pensé que j’irais loin dans la vie si j’épousais une femme haut placée ! Un vrai Bel ami !! 

3.       Comment te voient tes amis ? 

Rolling Stones : It’s only rock’n’roll 

Ah ? On en apprend tous les jours. J’avais peur de tomber sur les vieux de Brel. Ouf ! 

4.       Te marieras-tu ? 

Dutronc : J’aime les filles 

Les filles, c’est un bon début ; le tout est de passer des filles à une femme. En bonne voie… 

 5.       Le thème musical de ton (ta) meilleur(e) ami(e) ? 

Rolling Stones : Ruby Tuesday 

Très mélancolique cette mélodie. Approprié. 

6.       Quelle est l’histoire de ta vie ? 

Johnny Hallyday / Little Richard : Elle est terrible 

Ouarf ouarf ouarf ; ben oui. 

7.       Comment c’était, le lycée ? 

Rolling Stones : Sad sad sad 

Ouais, exactement, un ennui à mourir au lycée. Heureusement qu’il y a eu l’hypokhâgne après. 

 8.       Comment aller de l’avant dans la vie ? 

Queen : We are the champions 

Comme disait le grand philosophe J. P. Raffarin, adoptons la « positive attitude », croyons-nous champions. 

 9. Ce qu’il y a de très bien avec tes amis… 

Springsteen : Glory days  

Oui, les soirées entre potes, les séjours à la montagne, le canal du midi, etc., ce sont les jours glorieux ! 

9.       Quoi de prévu pour ce week-end ? 

Springsteen : Atlantic City 

Ca fait un peu loin. 

10.    Pour décrire tes grands-parents? 

Seghers : Old time rock’n’roll 

Ben oui, le bon vieux temps quoi. Je l’avais chantée à tue-tête à un mémorable anniversaire, en 2005. (avec une imitation foireuse de Johnny Hallyday, mais chut ! le répétez pas !) 

11.    Comment va la vie ? 

Rolling Stones : Had it with you 

It, c’est déjà ça. 

12.    Quelle musique sera jouée à ton enterrement ? 

Springsteen : Born to run 

Ca fait beaucoup de Springsteen tout ça : je suppose que c’est un hymne à destination des vers dès qu’ils voient le cadavre. 

13.    Comment te voit le monde ? 

Rolling Stones : Honky tonk woman 

Quoi ???? Bon, c’est vrai que je me fais accuser tous azimuts d’être un dragueur en ce moment ; mais de là à être associé à une fille de joie criarde ! 

14.    Auras-tu une vie heureuse ? 

Bowie : rebel rebel 

Hum… Les rebelles sont-ils heureux ? 

 15.    Ce que tes amis pensent réellement de toi ? 

Bowie : Sound and vision 

Mouaif ! 

16.    Les gens te désirent-ils secrètement ? 

Jerry Lee Lewis : Sweet little sixteen 

Tout le drame est là : on me désire comme les sexagénaires désirent revenir aux sixties ! 

17.    Comment je peux me rendre heureux(-se) ? 

Cocker : Unchain my heart 

L’aliénation comme accès au bonheur ? Pas évident tout ça. 

 18.    Que devrais-tu faire de ta vie? 

Stewart : Hotlegs 

Ah oui, je me suis mis au footing. Quoi un sens érotique ? 

19.    Auras-tu des enfants un jour? 

Clapton : If I don’t be there by morning 

Oui je prendrai mes responsabilités et on me verra plus à la maison si j’ai des gosses.  

21. Quelle chanson pour ton strip-tease? 

Rolling Stones : dead flowers  

!!!! Non !!!! Je suis pas encore fané !!! 

22. Si un homme dans une camionnette t’offrait un bonbon, que ferais-tu? 

Rolling Stones : Happy 

Hum… Non mais non ! J’aime pas les bonbons en plus ! 

23. Que pense ta mère de toi ? 

Gene Vincent : Be Bop a Lula 

Euh, ça c’est ce qu’elle devait penser de moi en troisième, dans ma grande période rock’n’roll. 

 24. Quel est ton secret le plus noir? 

Rolling Stones : One hit (to the body

Attention ! conflit si on me demande de le révéler ! 

25. Quel est le thème musical de ton ennemi mortel ? 

Souchon / Voulzy : J’ai dix ans 

Héhé ! oui, logique. Si j’ai un ennemi, ce ne peut être qu’un être immature et irresponsable expliquant qu’il a gardé sa sacro-sainte âme d’enfant. 

26. A quoi ressemble ta personnalité? 

Hallyday : Quelque chose de Tennessee 

Oui, mélancolique. Tout à fait ça. 

 27. Quelle chanson pour ton mariage? 

What make the Irish Heart beat 

Oui pourquoi pas ! C’est toujours bon de savoir ce qui fait battre le coeur le jour du mariage. 

28. Combien de fois as-tu triché? 

Souchon : Sous les jupes des filles 

Sans commentaires ! 


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