Le nez en l’air : le blog de Coincoin



Samedi 12 août : Où Laurent est décidément très cool…

Tout commença un samedi matin, samedi peu banal car il pleuvait. Et en août, normalement, il ne pleut pas. Normalement…Un train vers 10h00 du matin à Montparnasse décida Tito à se lever aux aurores : nulle tergiversation, à neuf heures, debout ! Quelques secondes après que Tito se fut levé, le téléphone rugit : Alessandro, fort dynamique malgré l’indécence de l’heure matinale, expliqua qu’il n’avait aucun souvenir des hôtels dans lesquels il avait réservé et qu’il fût prudent que Tito emmenât avec lui la liste des hôtels parmi lesquels Alessandro avait nécessairement choisi l’un d’entre eux. Vers 9h40, Tito jugea bon de partir. 9h50, nul bus ne pointant le bout de son nez, il décida de se rendre à pieds, le sac au dos, à la gare Montparnasse ; une petite traversée du Luxembourg sous la pluie ne pourrait que constituer un entraînement bénéfique avant la souffrance de la semaine cycliste qui l’attendait. Seulement 20 minutes pour se rendre à la gare Montparnasse en partant de Cardinal Lemoine, c’est peu. Alors on court. Et si on court, on sue. Et si on sue, on pue. Surtout quand on a un big manteau, et un sac à dos de dix tonnes. Bref, une minute avant le départ du train, Alessandro vit arriver Tito, trempé, dans le wagon. Seul aspect pratique de la chose, les passagers s’écartaient sur le passage de Tito par crainte d’inhaler quelque exhalaison malsaine de la sudation développée des Hommes méditerranéens.      

 

Une heure après, Tito avait à peu près séché, la sueur formait comme des plaques se morcelant au gré du temps passant, et la conversation entre l’heureux possesseur de ladite sudation et Alessandro battait son plein. Les villes défilaient, Poitiers, Angoulême, etc. Arriva l’heure du déjeuner. Alessandro, le cœur lourd, dut se résoudre à l’évidence : il lui fallait avaler un « sandwich sncf » aux « 3 saveurs ».

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Le voyage se poursuivit mollement, selon le rythme régulier et lent du TGV Atlantique, étonnamment traînard entre Poitiers et Toulouse… Toulouse… Tiens, 20 minutes de retard. Nulle annonce n’avait informé nos amis de ces 20 minutes perdues. Ils descendent sur le quai, se rendent sous le hall, cherchent des yeux le loueur de vélo qui devait les attendre, ne le voient pas. Il faut prendre les choses en main : coup de téléphone à Sebastiano. Celui-ci leur apprend que le loueur arrivera en même temps que lui. Ah, bon…Alors ils en profitent pour aller visiter un poil la « Ville rose », et, en premier lieu, la fameuse place du Capitole. Chargés de leur sac à dos et sous un temps pour le moins instable, ils entament leur première épreuve pédestre. Direction la place du Capitole. Beaucoup de clochards dans les rues, de tout âge, et assez agressifs au demeurant. Toulouse est une ville qui respire l’inaction, l’inertie. On y voit des mansardes recouvertes de pancartes signalant d’improbables programmes immobiliers supposés imminents.

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(Je me rends à un kiosque afin d’acheter Le Point consacré aux cathares ; je demande au vendeur s’il a Le Point ; sans me regarder, sans lever les yeux de son canard, il me dit « oui » ; je lui demande où il est, il me fait un vague mouvement de tête pour indiquer l’endroit ; je le vois ; je lui demande combien ça coûte, il bafouille un prix inaudible ; « 3 euros » lui demandé-je. Il ne répond pas. Je lui donne trois euros qu’il arrache machinalement et articule quelque chose comme un merci.)

Puis finalement, elle se laisse respirer, elle envoie ses effluves de célébrité touristique : on la hume, on la devine, on la respire ; les appareils photos se préparent, la place s’entrouvre. Ca y est, nous y sommes, le Capitole !

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Une fois qu’ils eurent fait plusieurs fois le tour des clodos de 20 ans, mi punks, mi skin-head, nantis d’un nombre impressionnant de chiens peu amicaux, ils s’avisèrent que le temps passait. 17h00, 17h30, petit coup de fil du loueur : « tout va bien, j’arrive dans 10 minutes » Ah. 45 minutes plus tard, un petit être répondant au nom de Laurent se pointa avec deux vélos. Deux heures et demi de retard, à peine une petite excuse, c’est pas de ma faute, c’est les « embouteillages, comme j’ai su que vous arriviez un peu plus tard que prévu, je me suis dit que je pouvais être aussi en retard » leur dit-il à peu près. Il est « cool » ce Laurent, d’emblée il tutoie Sebastiano. Très cool. Il n’a pas de casques, ni de lumières, ni de compteurs, (ni de béquille pour le troisième vélo), mais bon, c’est pas grave, faut être cool. Tito lui demande si le fait que ces accessoires ne figurent pas ne change pas le prix, Laurent lui répond que non, ce n’est pas compris en supplément. Il est cool mais il sait garder son culot quand il le faut le Laurent… Alors nos amis demandent un double du contrat ; Laurent paraît surpris ; « un double ? » Il bredouille une sorte de oui, propose d’aller faire une photocopie, revient un peu plus tard, laisse s’envoler la moitié des papiers. Très cool ce mec. Cool et un peu coolotté… Bon, il ne s’agit pas de s’attarder à la gare, les vacances commencent enfin, alors je reprends l’énonciation à la première personne, et c’est parti. 

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Nous repartons avec Sebastiano visiter Toulouse. Nous revenons sur la place du Capitole, nous en profitons pour nous prendre un bon petit couloir de bus probablement à contre-sens, puis nous dérivons vers la Basilique Saint-Sernin. Elle date du XIè siècle et a été construite afin d’abriter les reliques de Saint Saturnin (saint Sernin en langue occitane) ; pour ceux qui aiment l’art roman, c’est un régal. Toutefois, la douceur rosée de la pierre atténue sensiblement l’austérité romane, et je doute fort que les fans du roman apprécient tant que cela cette basilique aussi sobre que joyeuse.

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C’est alors que le premier miracle du séjour se produit : alors que nous nous reposions de ce voyage déjà épuisant, nous eûmes la chance d’apercevoir, au loin, une star téléphoner. Vite, je prends mon appareil photo, j’essaye de l’avoir, mais c’est pas facile ; le résultat n’est pas très net, toutefois il me semble qu’on distingue clairement le célèbre Mykonos, qui devait estiver, lui aussi à Toulouse. (J’en profite pour ajouter que j’ai croisé mon marchand de vin de la rue Mouffetard, mais ça, tout le monde s’en fout, et c’est bien normal). 

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Cette présence inattendue à Toulouse du célèbre Mykonos éclipse un petit peu la beauté de la basilique. D’autant plus qu’elle me déroute. Le chevet est constitué d’un étagement assez régulier grâce à ses volumes : chœur, abside centrale et ceinture du déambulatoire qui dessert des chapelles rayonnantes. (je déconne, on n’est pas rentré dedans… 

En tout cas, cette basilique est fort sympathique, bien qu’elle soit bordée de la maison de la CGT qui a investi un ancien palais.

Nous poursuivons notre petit tour de la ville et bien vite nous nous enfonçons dans des quartiers un peu glauques, nimbés de restaurants africains louchissimes et d’enfants errants, un ballon au pied, la jeunesse ne suffisant plus à leur conférer l’innocence. Alors nous décidons de prendre le canal et de commencer notre petit périple. Au bout d’un certain temps, nous avons faim et nul restaurant ne semble orner les zones industrielles qui s’annoncent au lointain oriental. Une seule solution : demi-tour. Nous demandons une bonne adresse à un groupe d’ados sympas : le conseil est unanime : Maison du cassoulet… Le cassoulet…Voilà bien le mot que nous avons certainement le plus entendu les premiers jours. Le resto est pas mal, on se régale, on mate un peu la fille d’en face qui, connement, s’en va avant nous. Puis, nous avisant que la nuit tombait, nous partons et longeons à nouveau le canal. L’obscurité gagne vite le canal, les arbres n’étant que fort peu propices à une diffusion efficace des reliquats de lumière… Et plus le temps passe, plus la situation s’aggrave. 21h30… Ca devient chaotique… Heureusement, Sebastiano a de bons yeux, et tel un chat perçant, il nous guide à travers les méandres du canal de Paul Riquet. Mais, autant le dire, on flippe. Fort heureusement, une jeune femme, à une écluse, nous indique notre chemin et c’est sous les aboiements inhospitaliers des cabots que nous quittons le canal pour l’hôtel. On finit par y arriver, je saute les détails, vous ne me croiriez pas…

Ah tiens, des cousins lointains de Florence tiendraient l’hôtel ? Hum… (l’hôtel est en effet tenu par Sandy et Fabrice Maillard)…

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 L’hôtel… Première rencontre, ce sont les standardistes ; un mec caresse les jambes d’une pulpeuse blonde, au décolleté plus que suggestif. Ca compense et récompense nos efforts… Mais ce n’est pas nous qui allons en profiter… Le salaud…Bref, nous prenons les clés de la chambre et là nouvelle rencontre : un cafard. On essaye de l’écraser, échec. La nuit va être longue…

On se lave, ptite douche vite fait, Sebastiano ressort afin de voir où en est LA standardiste. Nous l’attendons, ça dure, tiens, eût-il convaincu la belle de quelque jeu de société à deux ? Interrogation, stupeur, rumeurs…

Il revient une demi-heure plus tard, l’air détaché. « Non, je ne lui ai pas parlé, pourquoi ? » nous dit-il, tout candidement, avec l’ingénuité d’un enfant cherchant à dissimuler qu’il a cassé le flacon Dior de sa mère. Mmm. Ok. Le troisième lit se trouve sous le lit double ; en le tirant, quelques cadavres de cafards apparaissent. Mmmmm. Quand je pense que je vais dormir presque à même le sol… Bon… Petit débat sur un acteur dans un film, Alessandro prétend que c’est Podalydes, alors que Sebastiano et moi disons que c’est Jean-Pierre Daroussin dont on a connement oublié le nom sur le moment. Allez, on dort. Ah, au fait, niveau boulard, on n’est guère plus avancé. On espère qu’à Castelnaudary nous trouverons de plus décisifs indices.


  1. mustang écrit:

    lol

    Citer | Posté 20 janvier, 2008, 21:23
  2. coincoin écrit:

    Merci

    Citer | Posté 20 janvier, 2008, 23:27

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