Le nez en l’air : le blog de Coincoin



Jeudi 17 août : Où Sebastiano “a un bon fit”

Petit-déj, croissant (« tout le monde a eu son croissant »…), et déjà il nous faut repartir. Nous croisons un homme enveloppé dans un montage de sacs poubelles, dont le visage lui-même est recouvert d’une sorte de masque à la Batman, en sac-poubelle. Une métonymie de la ville de Béziers en somme…Il nous lance un « ce n’est pas l’homme qui fait le sac, mais le sac qui fait l’homme. » Indice pour le boulard ? Nous récupérons les vélos, mis à l’abri dans un garage, et repartons vers Narbonne. Nous imaginons que cette journée sera une sinécure s’il ne pleut pas. Ce sera l’épreuve la plus effroyable du séjour. Nous reprenons le canal jusqu’à ce que nous trouvions une route qui menât aux plages. Une quinzaine de kilomètres. Ca semble faisable. Ce que nous n’avions pas prévu, c’est qu’entre le canal et les plages, il y avait… des montagnes. Commence alors un jeu de montagnes russes où de redoutables côtes succèdent à de stressantes descentes. Les côtes nous arrachent nos dernières forces ;  les descentes nous angoissent car, déséquilibrés que nous sommes par le poids des sacoches, la moindre inclinaison nous projetterait dans le fossé. Ce qui arriva à Alessandro. Parti en flèche devant nous, nous le vîmes s’effondrer dans le ravin, heureusement retenu par son vélo. Plus de peur que de mal.

La route semble infinie ; plus nous pédalons, plus le nombre de montagnes semble s’accumuler ; nous finissons par émettre l’hypothèse que la plage est un canular ; que derrière ces montagnes, seule la mort nous attend. Nous peinons, nous suons, le poids des sacoches s’ajoutant à l’effort. Mon Dieu que c’est dur !

Puis, miraculeusement, nous parvenons à la mer : on n’ose y croire. Une nuée de touristes, un soleil qui commence enfin à apparaître, le bonheur !!!! Comme nous l’avons méritée cette mer ! Nous nous ruons sur un sandwich, dont le degré de gras atteint une intensité dont j’ignorais la possibilité et hop, maillots de bain, plage et plouf ! Enfin, mes acolytes semblent un peu pusillanimes ; un phénomène inhabituel se produit devant nos yeux : des vagues d’au moins deux mètres balayent sans relâche la côte ; le drapeau est jaune. Curieux, la Méditerranée nous semblait plus calme. Qu’à cela ne tienne, n’y tenant plus, je m’élance dans les vagues ; l’eau est à 20°, ce n’est pas très chaud, mais ça fait un bien fou. Je me fais ballotter par la force des molécules aqueuses, jusqu’à ce qu’une vague plus forte que les autres me projette contre un jeune Noir obèse. Confus, je m’excuse, (il rit) et pars rejoindre mes camarades restés à quai. Je les incite à me rejoindre. Une jeune femme nouvellement installée à proximité constitue un meilleur argument à leurs yeux que la retombée en enfance que constitue le barbotage aquatique.

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Après moult insistances, je parviens à les convaincre. Ils m’accompagnent, un peu fébriles. Seul Sebastiano se baignera intégralement. Alessandro préfère rester les genoux seuls recouverts, impérial, en bord de mer, veillant sur nous tel le Colosse sur Rhodes. A force de jouer les malins, je me fais projeter par une rouleau contre le sol, sous l’eau, et en ressors un peu sonné ; j’abandonne ;  peu de temps après, Sebastiano subira le même sort. Nous retournons nous étendre au soleil, afin de sécher comme le linge de Béziers.

Epuisé par les épreuves de la journée, Alessandro trouve vite le sommeil, tandis que Sebastiano, de son œil alerte, scrute.

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Il nous faut reprendre des forces, nous sommes encore loin de Narbonne. Après ces quelques minutes de repos, nous repartons. Au fond, ce bain nous a totalement laminés ; rien n’est plus fatigant que de lutter contre les vagues. Alessandro eut bien raison de ne pas se laisser aller à ses enfantins instincts. Le retour est sévère ; nous longeons le bord de mer, affrontant un vent monstrueux ; nous n’avançons pas ; nous nous arrêtons. Une piste cyclable apparaît et semble mener à Narbonne ; nous quittons ainsi les quais de Narbonne-Plage et longeons une route via une petite piste fort bien aménagée ; le vent n’en souffle pas moins fort. La piste est plutôt plate, mais les rafales qui nous agressent imposent de fournir un effort intense. Ah ! Maudit bain de mer qui m’a pompé toutes mes dernières forces !

Soudain un doute nous envahit ; pour rejoindre Narbonne, il nous faudrait quitter cette route qui longe la mer ; or, nulle issue via l’intérieur des terres ne se profile. Nous demandons à des indigènes notre chemin. De toute évidence, la piste ne mène pas à « Narbonne-Narbonne », comme disent les autochtones ; pour aller « de Narbonne-Plage » à « Narbonne-Narbonne », il faut faire demi-tour et prendre une route à gauche. Arf ! Soit. Nous quittons la piste cyclable, reprenons de petites routes, qui montent et descendent, et nous roulons, nous roulons. Ca n’en finit pas ; Sebastiano me pousse gentiment dans l’une des côtes. Mû par le désir d’arriver, Alessandro a retrouvé une vivacité qui m’étonne. Il fait la course en tête à une allure plus que respectable. On aurait dû lui imposer un contrôle anti-dopage ; il est pharmacien après tout…

Nous finissons par arriver à bon port ; voici enfin Narbonne-Narbonne. La ville nous paraît très grande, pour nous, qui avons encore en tête le Somail, avec ses 400 habitants et ses 50 000 livres. Une succession ininterrompue de rond-points nous ouvre enfin les portes de la ville ; court Victor Hugo, puis à gauche sur le pont, et voici l’hôtel. La ville semble charmante. Alessandro rentre dans le hall, se présente au réceptionniste, lequel le sermonne : « vous êtes en retard, j’aurais pu annuler votre réservation, blablabla. » Certes, nous avons une heure de retard, mais est-il besoin d’en faire tout un plat ?

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Il voit nos vélos, nous propose de les ranger dans une cour intérieure, à condition que nous portions ceux-ci afin qu’ils ne soient pas en contact avec les tapis de l’hôtel. Ca c’est du réceptionniste made in chieur. Bon, on obéit. Nous sommes trop fatigués pour discuter. Le gars est du type pince sans rire. Il insiste pour nous donner deux trousseaux, mais échaudés par l’épisode du Somail, un seul nous suffit ; il insiste, nous refusons. Il prend un air désolé. Nous montons dans la chambre, laquelle est très bien. Nous sommes crasseux comme jamais, les cheveux pleins de sable et d’eau de mer ; ma crinière constitue des sortes de pics, qui, si j’étais amené à croiser un homme ainsi coiffé, m’effraieraient.

Douche, repos. Je redescends, propre et coiffé : le réceptionniste me dit : « qui êtes vous ? » ; je lui réponds que je suis arrivé une heure auparavant, avec deux autres personnes. Il s’exclame alors « ah, vous êtes le même ! » Je le regarde d’un air interrogateur : « le même quoi » lui demandé-je. « Le même vous », répond-il. Je souris, il est content, il a réussi sa blague, tout en conservant un impassible visage de croque-mort. Sebastiano est sorti peu avant pour téléphoner, je le rejoins ; Alessandro arrivera un peu plus tard ; le réceptionniste devient fou : lui qui insistait pour que nous ayons chacun notre trousseau nous voit défiler, l’un après l’autre, avec des intervalles de 10 minutes. L’homme panique.

Nous visitons ; Sebastiano a « un bon fit », il apprécie grandement la ville, comme nous du reste. Narbonne est magnifique, pleine de charme, et nous déambulons avec plaisir dans les belles petites rues où se détache un petit restaurant accueillant. Au coq hardi. On y mange fort bien pour pas cher, la patronne est sympa, et nous voyons cuir nos pauvres canards. Délicieux. Adresse à retenir. A la fin du dîner, la patronne vient nous voir, Sebastiano lui adresse ses félicitations, évoque une cuisine « parfaite », un cadre « parfait », puis, se tournant vers la jeune serveuse, assure de sa plus belle voix que le service est, lui aussi « parfait, bien entendu ». La serveuse nous indique un bar sympa, ouvert le soir ; le Botafogo. Nous y allons. Y a une soirée white. Sebastiano a vraiment un bon fit, il est aux anges. Je ne sais plus ce que Alessandro a commandé à boire, mais je me rappelle qu’il mit deux heures à le siroter. Un DJ un peu minable se trémousse sur le mixage non moins minable qu’il propose ; et pourtant, apparemment, c’est le grand Juan Pedroxx de Marseille. Sebastiano en profite pour aller parler à une indigène tandis qu’une grosse fille fusille Alessandro du regard, lequel feint d’ignorer cette encombrante compagnie insistante. La boîte-bar est sympa, on passe un bon moment. Musique pas trop forte, consos pas trop chères. Une fille qui en est presque aux préliminaires avec son copain en public, se fait soudain peloter par un autre mec, ce qu’elle semble apprécier ; derrière nous, une fille qui nous semblait casée avec un mec, passe de mec en mec, avant que, lassée du quatrième, elle ne s’éclipse. Arf !  Ca n’a pas l’air bien compliqué d’emballer ici.

Vers 2h30, nous regagnons l’hôtel ; il nous faut impérativement plancher sur le boulard sinon nous aurons fait ce voyage en vain. Maître Zen, île déserte, casting, ça y est ! Nous le trouvons, une femme, dans sa maison, s’ennuie. Une autre bricole. Et elle tombe de son escabeau. Nous l’avons trouvé !! C’était pas compliqué pourtant. Vers 3h30, nous avons enfin trouvé le boulard tant attendu ! Heureux, nous pouvons nous abandonner au sommeil.


  1. Nez en l'air écrit:

    1. 1 catherine écrit:
    je suis la patronne du coq hardi est vraiment je suis très touchée par les commentaires que vous faites sur notre restau.
    si vous repassez dans le coin s’il vous plait venez nous dire bonjour.je pense me souvenir de vous.
    au plaisir de vous lire
    catherine
    ↓ Citer | Editer | Posté 17 novembre, 2006, 1:03

    2.
    2 Nezenlairécrit:
    Tout le plaisir fut pour nous, de partager ce repas avec vous.
    Nous ne manquerons pas de venir vous voir, si nous passons dans le coin prochainement.
    Bien à vous,
    Thibaut (pour l’équipe)
    ↓ Citer | Editer | Posté 17 novembre, 2006, 14:33

    3.
    3 Sébastiano écrit:
    Si mes souvenirs ne me trahissent pas, je me souviens aussi avoir mangé un Tiramisu absolument divin.
    Ce dessert m’ayant été conseillé par la serveuse, me précisant qu’il était fait maison, je salue ici cette jeune demoiselle au conseil si avisé et bien entendu la cuisinière ayant réalisé cette patisserie.
    Définitivement, ce sera un grand plaisir de déguster à nouveau de délicieux morceaux de canards cuits dans ce barbecue “in restau”, si nos draisiennes nous conduisent une autre fois vers cette ville.
    Sebastiano.
    ↓ Citer | Editer | Posté 20 novembre, 2006, 19:39

    4.
    4 juan pedroox écrit:
    bonjour , je viens de tomber par hazard sur votre conte de vacanse !.lol…….alors sachez que pour pouvoir critiquer (et la , pas de probleme , ) il faut savoir tous les elements de l enquete..et vous faites une tres mauvaise publiciter a mon ami d’jack …de marseille , oui car lui est de marseille….jack de marseille…..quand a moi, effectivement c’est juan pedroxx…..mais je n ais pas jouer au botafogo c’est été , …..agenda complet , …ce qui , pour un dj bidon est pas mal , lol…….donc a bientot , peut etre , un jour , pour vous convertir a la diplomatie , ..sans rancune …..kiss jua pedroxx ……….de narbonn , lol
    ↓ Citer | Editer | Posté 1 janvier, 2007, 17:26

    5.
    5 Nezenlair écrit:
    Arf drame, nous avons donc confondu ! Toutes nos confuses pour cette regrettable méprise et merci pour votre humour !
    ↓ Citer | Editer | Posté 1 janvier, 2007, 21:43

    Citer | Posté 26 février, 2007, 22:50
  2. sir le duc écrit:

    juan pedroxx c est de la m;;;;;;de je crois qu il y a un temps pour tout dj et penser à sa retraite je crois que ce monsieur n y a pas encore pensé bon une petite reconversion lui serait profitable car à vouloir faire écouter ce que lui a décidé il n y a plus rien à y comprendre qui est le client lol
    donc une fois de plus un peumoins de dj et un peu plus de professionnalisme serait de bon ton

    yep

    leduc

    Citer | Posté 4 décembre, 2007, 14:45
  3. coincoin écrit:

    Ces propos n’engagent que vous cher Sir le Duc…

    Citer | Posté 4 décembre, 2007, 16:18
  4. RICO écrit:

    aie je tombe sur une mauvaise pub de juan pedroxx lol le dj quinqua de narbonne plus manipulateur que dj bof enfin la retraite existe et on s appercoit bien que l incompétence de certain… se laisse bien entendre sur narbonne lol !!! a tchao le rigolo!!!

    Citer | Posté 22 avril, 2009, 4:43
  5. RICO écrit:

    ah j avais pas lu plus haut en effet JUAN PEDROXX C EST de La M;;;; mais bon si l auditoire est idiot enfin bon bravo sir le duc c est réaliste tic

    Citer | Posté 22 avril, 2009, 4:46
  6. juan pedroxx écrit:

    Binjour ….N’avait pas vu votre reponse , no soucis , a l ocasion , si vous passez dans la region ….avec plaisir de vous faire decouvrir quelques endroits pas trop mal , hasta la vista

    Citer | Posté 22 octobre, 2009, 16:44
  7. juan pedroxx écrit:

    Bonjour ….. 20 ans déja ….comme cela passe …1991/2011 ….
    Le dj faiseur de merde vous salue bien ….et comme d’irais l’autre ……
    On ne peut pas plaire a tous le monde …….
    Bonne route a vous ……

    Citer | Posté 10 février, 2011, 1:05
  8. turn fat into muscle écrit:

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    Citer | Posté 23 janvier, 2013, 4:23

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