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Benoît XVI et le discours de Ratisbonne : La foi en la raison
Et voilà, on s’absente quelques jours et pof ! Le Pape fait des siennes. Quoi, qu’ouïs-je ? Il fit part du voile léger posé sur l’ombre d’un doute qu’il formula à l’égard de l’intrinsèque tolérance et bienveillance de l’Islam envers les infidèles ? Aie ! Mais, euh, il a le droit de dire ça ?
Benoît XVI a beau faire, il restera un théologien confirmé. Ses propos récents sont théologiquement inattaquables. A Ratisbonne, devant un grand nombre d’universitaires – plus enclins à comprendre les subtilités d’un discours rationnel théologique que ne le sont les masses pakistanaises heurtées par les propos du Pape – il a superbement disserté sur l’intrinsèque humanisme du Christianisme. Pensant l’Incarnation à la fois en son fondement et en ses conséquences, l’ex-Ratzinger a évoqué « le visage d’un Dieu humain[1] », comme sens à la fois séminal et constitutif du Christianisme. Que signifie en effet l’Incarnation sinon le fait que, pour la première fois, Dieu s’est abaissé à la mesure de l’humain, en prenant chair et visage de l’homme, afin de proposer à celui-ci la voie de la grandeur divine ?
Or, nous ne pouvons nous arrêter à ce constat ; si Dieu s’abaisse à la mesure humaine, encore faut-il qu’il y ait en l’homme une instance capable de le recevoir, une faculté humaine par laquelle l’homme reconnaisse pleinement la divinité en tant que telle ; cette instance c’est, à n’en pas douter, la raison. (Beaucoup de théologiens rigoureux ont suffisamment pesté contre l’invasion de la foi comme instance permettant de rentrer en contact avec Dieu) Si Dieu est rationnellement accessible, cela signifie que l’instance par laquelle l’homme perçoit Dieu est un attribut divin ; je suis une intelligence qui perçoit l’intelligence divine. Mieux, c’est parce que Dieu est Intelligence que je puis, par mon intelligence, percevoir la divinité. Dès lors, si l’Incarnation est possible, si Dieu peut prendre forme humaine sans pour autant renier sa divinité, ce n’est qu’en raison de cette commune constitution qui est celle de l’intelligence, de la raison. En passant de Dieu à l’homme, Dieu a dégringolé – pour le dire vulgairement – tous les échelons de la raison, passant de la raison pure à la raison humaine, certes défaillante mais nécessairement semblable à celle du Créateur.
Naturellement, une telle thèse peut être contestée ; ainsi, Duns Scot avait-il reproché à Thomas d’Aquin de raisonner comme un païen ; faire de Dieu une sorte d’Intelligence suprême, c’est au fond reprendre des raisonnements païens pour lesquels entre l’homme et les divinités la différence de nature n’était pas infranchissable ; faire de Dieu une super-raison, c’était aux yeux de Duns Scot ne pas accorder une grande importance aux textes sacrés, et faire fi de ce que Gilson nommait « la métaphysique de l’Exode », à savoir cet impératif de l’Etre comme révélation accordée par Dieu. Si bien que Duns Scot préféra concentrer ses réflexions sur une élaboration d’une communauté entre l’homme et la divinité qui fût ontologique car révélée plutôt que de s’en remettre à une raison pouvant se passer des Ecritures.
Quoi qu’il en soit de la véracité de ces deux thèses, l’Eglise trancha et préféra Thomas à Duns Scot, attribuant ainsi à cette espèce de catena aurea qu’est la raison le rôle de lien inaliénable entre le divin et l’humain. Par là, la créature pouvait rencontrer le Créateur, en usant de cette commune nature rationnelle, laquelle avait rendu possible l’Incarnation. Et la réflexion sur l’Incarnation délivrait, en retour, le secret de la commune nature rationnelle de l’humain et du divin.
En somme, la force intellectuelle de Benoît XVI est d’avoir relié l’idée d’incarnation à celle de raison commune. Ce n’est que par la communauté rationnelle que l’Incarnation fut possible, brisant ainsi la transcendance inaccessible d’un Deus absconditus.
Inversement, aux yeux du Pape, l’Islam était et est incapable d’établir un pont entre la transcendance absolue du divin et les catégories humaines ; la conception musulmane de Dieu « n’est liée à aucune de nos catégories, fût-elle celle de la raison.[2] » Cette déclaration de Benoît XVI clôt une réflexion s’articulant autour d’un discours d’un empereur byzantin, Manuel II, et d’un érudit persan ; or, Manuel II semblait peu convaincu que Dieu désirât que la violence fût vecteur de conversion et de prosélytisme sain(t). Prenant appui sur ces doutes de Manuel II, Benoît XVI exclut ainsi le domaine passionnel et irraisonné de la rencontre avec Dieu, afin d’avancer la raison comme seul moyen de parvenir au divin, en tant que nature commune. Et, glosant sur le refus de Manuel II, le Pape conclut ainsi : « La phrase décisive dans cette argumentation de l’empereur de Constantinople contre la conversion forcée est la suivante : agir de manière déraisonnable est contraire à la nature de Dieu. Pour l’empereur, un Byzantin éduqué dans la philosophie grecque, cette phrase est évidente. En revanche, pour la doctrine musulmane, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, pas même celle de la raison[3]. »
C’est très subtil ce que vient de dire le Pape ; cela signifie au fond que toute théologie qui exclurait tous les attributs divins hors d’un référent humain, créerait un Dieu en dehors de toute mesure humaine, ce qui légitimerait la violence à l’encontre de l’homme en raison même de desseins divins que l’on eût décrétés insaisissables car la raison humaine ne serait plus investie de la force de la communauté avec la nature divine. Autrement dit, une transcendance absolue, au sens d’une incommunicabilité totale de Dieu et l’homme porterait en elle le germe de violences inouïes car nul référent humain ne pourrait freiner une volonté aveugle de Dieu.
De deux choses l’une semble murmurer Benoît XVI dans son interprétation des théologies non chrétiennes : soit l’on ôte à Dieu la raison par une sorte de théologie négative, en arguant du fait que l’homme est raisonnable, auquel cas Dieu ne peut plus l’être car il est interdit que Dieu et l’homme aient quelque attribut ou nature en commun ; soit l’on décrète Dieu raisonnable, auquel cas l’homme ne peut plus l’être.
La thèse – très forte – du Pape consiste précisément à dire que l’homme et Dieu sont raisonnables conjointement, quand bien même la raison humaine serait-elle inférieure à la raison divine, en degré. Or, et c’est là me semble-t-il, bien plus que dans la critique de l’Islam, le point fort de son intervention, cette élaboration d’une raison commune à l’homme et à Dieu résulte immédiatement de l’Incarnation, de ce « Dieu à visage humain » qui a révélé à l’homme la communauté de Dieu et de l’homme, arrachant celui-là à sa transcendance afin de le livrer à l’immanence de celui-ci, tout en propulsant celui-ci vers sa véritable destination, qui est d’être en Dieu. C’est là évidemment que réside l’essentiel de l’intelligence papale, plus que dans la critique des théologies maintenant Dieu dans une transcendance dangereuse. D’où ce communiqué du Vatican, conforme au texte papal : « Il n’était certainement pas dans l’intention du Saint-Père de se livrer à une étude approfondie sur le djihad et sur la pensée musulmane dans ce domaine et encore moins d’offenser la sensibilité des croyants musulmans[4]. »
Toutefois, cette profession de foi du Pape qui ressemblait davantage à une admiration d’un homme pour la foi qu’il a embrassée qu’à une condamnation de la foi des autres, a déplu aux Musulmans. Certes, Benoît XVI visait implicitement l’Islam lorsqu’il déclarait : « Celui qui veut conduire quelqu’un à la foi a besoin de bien parler et de raisonner correctement, au lieu [d'user] de la violence et de la menace[5]. » Mais que fait Benoît XVI sinon évoquer à la fois la conclusion logique de son très beau discours sur la raison et édicter une mesure de bon sens ?
Les Musulmans sont des gens gentils et sensibles ; ils ont été « blessés » en leur générosité et leur bienveillance par les propos guerriers du pape, nous dit-on.
Evidemment, les pseudo-connaisseurs, façon Le Monde, nous font le coup d’Averroès : « d’Al-Tabari à Averroès, et jusqu’aux réformateurs du XIXe siècle, l’histoire de la pensée islamique n’est pas rétive à la raison, mot cité quarante-cinq fois dans le Coran[6]. » Héhé, Averroès, parlons-en : qu’en dit Jean Jolivet, grand connaisseur de la pensée musulmane ? « On ne lui trouve pas de postérité en Islam : persécuté sur la fin de sa vie, c’est à des juifs et à des chrétiens attachés à conserver et traduire ses œuvres qu’il doit son influence posthume[7]. »
Faire d’Averroès un penseur musulman, c’est un petit peu comme si l’on faisait de Giordano Bruno le héraut de la pensée chrétienne : c’est un mensonge. Quant à Al-Tabari, peu connu du grand public, il est pourtant le plus illustre des historiens arabes ; plus historien que théologien, il proposa néanmoins une étude intégrale du Coran (Tafsir) en utilisant à la fois la raison et les hadith. Or, nul n’ignore à quel point l’usage de la raison en parallèle des hadith lui fut reproché et combien cela put nuire à sa personne ; il fut contesté et laissé dans l’ombre de son vivant…
Alors, par pitié, que l’on cesse de nous rappeler ces penseurs musulmans comme autant de preuves de la compatibilité de l’Islam et de la raison ; tous ceux qui ont proposé de réconcilier le Coran et la raison ont été systématiquement condamnés, persécutés, au premier rang d’entre eux Averroès.
Bref, nos amis musulmans se sentent atteints en leur pureté ; l’immense majorité modérée et pacifique hurle sa colère et sa douleur. Le secrétaire général de l’UOIF français a modestement « exigé » des « excuses[8] » de la part du Souverain Pontife, UOIF qui se retrouvait à l’unisson des pays démocratiques et libres comme la Jordanie qui demande des « excuses immédiates[9] » au Vatican, ou l’Irak qui expliqua, par la voix de l’imam de Bagdad que « l’islam est une religion de tolérance et les propos du pape montrent qu’il n’a pas une connaissance suffisante de l’islam. » L’explosion d’une bombe placée à proximité de la mosquée de Bagdad par un musulman modéré a malheureusement brouillé la fin du prêche et nous ne pouvons en restituer la totalité. Fort heureusement, c’était une bombe modérée et tolérante, apprend-on de source sûre.
Alors que faire ? Se taire, faire semblant de croire qu’Averroès est une penseur admis par l’Islam, que la transcendance absolue d’Allah est source de paix et d’amour ? Que les versets du Coran sont pacifistes ? Tout cela pour préserver la paix entre les civilisations ? … Attitude lâche a-t-on envie de dire, « lâcheté » même a-t-on envie d’hurler tel Villepin à la face couperosée du navrant Hollande ; « Oui, il y a de la lâcheté, écrivait ce matin Yvan Rioufol, dans le procès instruit par ces Européens, qui ont peur qu’une défensive n’attise un choc des civilisations. Mais où est la civilisation, dans la vision sectaire d’un monde arasé et soumis ? La « religion de paix et de tolérance » ne peut se reconnaître dans ces bombes humaines qui tuent des civils ou dans ces égorgements. Les musulmans ne devraient avoir de cesse – certains commencent à se faire entendre – que de dénoncer la stérilité de cette folie mortifère[10]. »
Curieuse ironie du sort, Oriana Fallaci est morte cette nuit…
[1] Le Figaro, 13 septembre 2006
[3] Le Monde, 16 septembre 2006
[7] Jean Jolivet, Averroès, Introduction
[8] Le Monde, 16 septembre 2006
[10] Yvan Rioufol, Comment perdre la guerre ?, in Le Figaro, 15 septembre 2006







1 Bruno écrit:
Ecoute, Thibaut, cet article est splendide, y compris par le fait qu’il est inégal. La première partie sur la théologie est remarquable, tu m’y apprends des choses. Je comprends moins le passage rapide que tu fais, via la photo des trois ou quatre schtroumphs verdâtres qui soignent leur laryngite en direct, vers une partie polémique où le joli plan de réflexion superbement amorcé est délaissé au profit de… la triste vérité de la violence.
Fallacci: provocation finale, je suppose, je ne l’ai pas lue mais c’est plus que suspect, non?
sur la distinction droit à / droit de que tu fais dans le nouvel article: t’as repompé dans Taguieff, hein?? Avoue!
Pour ma part, je viens de voir l’émission de Durand, avec Nothomb et Dantec en invités superstars, et pour parler comme toi: joie. Joie. Joie. Joie. Joie. Joie… Nothomb m’a sidéré, je croyais vraiment qu’elle n’avait pas d’intérêt, mais elle m’a magnétisé. Et Dantec aussi l’a pensé, puisqu’il a commencé son interview, juste après les habituelles mises au point politiques, en signalant que Nothomb venait de créer quelque chose de l’ordre de la bombe, du cratère, de l’éclair…
Joie. Joie. Joie.
A très bientôt,
Bruno
↓ Citer | Editer | Posté 16 septembre, 2006, 1:59
2.
2 Nezenlair écrit:
Oui, cher Bruno, tu as raison ; l’article se corrompt progressivement, mais il fallait bien faire écho à l’ “émoi” suscité dans le monde musulman après le discours papal. La photo des petits hommes verts était censée illustrer le pacifisme bêlant de nos amis.
Quant à Nothomb, je n’ai jamais rien lu d’elle, je me rappelle juste que la première émission de Guillaume Durand avait commencé par une chroniqueuse expliquant que Nothomb c’était de la merde. Et Durand approuvait. Toutefois, si Dantec lui-même fut électrisé par Amélie cela mérite réflexion et retournement de veste…
Amitiés,
Thibaut
↓ Citer | Editer | Posté 16 septembre, 2006, 10:00
3.
3 Nezenlair écrit:
Droit de réponse ou droit à la réponse ?
Ah euh, au fait, non ce n’est pas Taguieff qui a dicté la distinction droit à / droit de. C’est une vieille distinction qui hante le droit depuis le début du XXème siècle.
↓ Citer | Editer | Posté 16 septembre, 2006, 10:01
4.
4 Bruno écrit:
Taguieff: honte à moi, la question venait du fait que c’est chez Taguieff que j’ai découvert la distinction, dans “La République enlisée”… Il convient de compléter peu à peu ses connaissances, ce que je fais en venant chez toi!
Nothomb et retournement de veste: je viens de lire “Métaphysique des tubes”, que je n’ai pas aimé. Mais l’interview que Durand a faite cette nuit de Nothomb était exceptionnelle. Je n’exclus jamais l’hypothèse que l’oeuvre d’un auteur soit “inégale”, ou pour le dire avec moins de prétention, que j’aime moins un livre qu’un autre au sein d’une même oeuvre. En l’occurrence, son Journal d’Hirondelle me semble partir sur une idée de départ bien plus convaincante qu’Acide Sulfurique. L’ensemble méritant néanmoins une lecture sérieuse, désormais…
Les journaux (je reviens à Benoît XVI) accentuent l’aspect “erreur politique”, ce qui ne mange pas de pain. Si “erreur politique” se définit par “parole non consensuelle qui énerve encore plus des gens de toute façon déjà énervés”, alors c’est peut-être de cela qu’il s’agit. Un théologien de Poitiers, dans mon journal local, pense même qu’il s’agit d’une erreur sur le plan théologique. Allons bon! Il en appelle au texte “Nostra Aetate”, le texte sur le dialogue inter-religieux, où il est dit que les catholiques doivent s’inspirer de la ferveur de la prière musulmane dans leur propre comportement de priants. Je connais très mal ces questions, je te laisse le soin de démêler l’écheveau de tout ce mic-mac si tu penses devoir et pouvoir le faire.
Et la remarque qui fait mal, pour la route: l’idée de départ de Grande Jonction de Dantec provient pour une très large part de la citation suivante, dont l’auteur n’est pas tout à fait un inconnu:
“Aujourd’hui, si la loi universelle de la machine est acceptée, il ne faut pas oublier que les camps pourraient préfigurer la destinée d’un monde qui adopte leur structure. Les machines qui ont été mises au point imposent la même loi. Selon cette logique, l’homme doit être interprété comme un ordinateur et cela n’est possible que s’il est traduit en nombres. La Bête est un nombre et transforme en nombres. Toutefois, Dieu a un nom et nous appelle par notre nom. Il est la personne et recherche la personne.” L’auteur: Josef Ratzinger…
Dans le match Gai-Luron/Systar de citations intégrées au commentaire, je viens d’égaliser à un partout. (Gai-Luron avait ouvert le score prématurément avec Nietzsche, je suis parvenu à égaliser…)
Bonne continuation Thibaut,
Bruno
↓ Citer | Editer | Posté 16 septembre, 2006, 11:29
5.
5 bxl-wawa écrit:
Lisez “Hygiène de l’Assassin”, l’un de ses premiers romans. Il est une belle voie d’entrée dans son oeuvre. Vous y trouverez un humour noir – assez typique de la Belgique, façon Poelvoorde dans “c’est arrivé près de chez vous” ou “Monsieur Mannathan” – et par ailleurs un style élégant : on dit qu’elle est la dernière écrivainE a utilisé le subjonctif imparfait d’une manière parfaite, joli jeu de mot, il faut que je me soigne. Il faut avouer que, non seulement elle est philologue, mais que les Nothomb sont une famille de barons belges de la finance et surtout de la politique. Dans « Métaphysique des tubes » , elle raconte précisément sa bio de fille d’ambassadeur en Extrême-Orient, mais j’avoue accroché également d’une manière moindre à cette partie de son oeuvre. Je vous conseillerais en second « Cosmétique de l’ennemi », puis « Mercure » et « Les Catilinaires ». Ses romans sont courts et se lisent avec plaisir un après-midi ensoleillé voir le temps d’un voyage. Par ailleurs, elle habite à 500m de chez moi…, ce qui ne gâche rien, vous en conviendrez, et s’il est permis de faire de la promo pour la brocante du voisin, permettez que je vante les publications de cette illustre dame aux chapeaux.
↓ Citer | Editer | Posté 16 septembre, 2006, 12:51
6.
6 Belle Lurette écrit:
Pour ma part, je vous déconseille fortement de vous lancer dans la lecture Nothombienne. Vous y perderez du temps. On ne peut pas y trouver grande nourriture spirituelle, et de surcroît, la langue et la qualité de l’écriture sont assez insipides. Mais bon, ça n’engage que moi. re lisez plutôt l’homme sans qualités!!!
Par ailleurs, je vous remercie pour cet article qui remet un peu de rationalité dans le grand n’importe quoi médiatique qui vient de s’abattre sur le pauvre st Père. Vous avez une remarquable approche philosophique du christianisme, quel dommage que votre conception de Dieu reste uniquement philosophique! Pour ma part, je ne crois pas que Dieu soit une raison pure et qu’il ait “vulgairement” dégringolé dans la nature humaine (vous virez un peu gnostique, non?). Dieu = l’Etre support de toute existence pour Aquiniser un peu, donc intelligence pleine et absolue qui est la source de notre intelligence inégale et incomplète. Et cette intelligence absolue s’identifie à, à, à, à je vous le donne en mille, l’amour, la plénitude de la relation qui est l’apanage de la Trinité Sainte. mais là, évidemment, nos amis musulmans ne peuvent plus nous suivre. La foi chrétienne est tellement subtile! Donc, pour reprendre, ma raison est certes inégale par rapport à la raison pure de Dieu, mais Dieu est avant tout trois personnes, et non pas une intelligence, qui vivent une relation d’amour car elles se connaissent pleinement et sont en relation, absolument, les unes avec les deux autres. N’oublions pas que la connaissance est avant tout communion; je “connais” un homme dans notre union physique où nous communion et faisons naître une nouvelle vie. Lorsque Dieu crée l’homme, il répond au besoin que nous connaissons tous de partager la vie: la plénitude de la vie devient logiquement source de vie, et à partir de là, Dieu est face, avec l’homme, à une altérité, à une différence. Cette altérité, il veut la connaître! Il lui faut donc naître avec l’homme pour connaître son vécu. Ce qui fait la grandeur de l’incarnation, ce n’est pas que Dieu dégringole jusqu’à notre raison limitée, mais qu’il prend en charge notre finitude en prenant CORPS.
Tout cela est très embrouillé, et n’a aucune prétention théologique car je n’ai pas de formation dans le domaine – étant déjà bien légère en philosophie. Mais ça me fait tant de bien d’avoir quelques discussion spirituelles! je ne sais pas comment vous faites pour réfléchir et écrire autant, vous avez quelque chose d’effrayant; mais je me rassure ne me disant que vous ne faites que cela de la journée; je me trompe?
Bon, en tous cas, vous m’inspirez.
Have a good week-end*****
↓ Citer | Editer | Posté 16 septembre, 2006, 13:20
7.
7 bxl-wawa écrit:
Excusez-moi, Belle Lurette, mais je ne suis pas d’accord avec le fait qu’un roman a pour objectif d’être une nourriture spirituelle! On ne lirait alors tout au plus que la Légende dorée (en guise de romans on a vu mieux!), et « Le génie du christianisme » (qui n‘a malheureusement jamais passionné les foules). A moins que vous entendiez « spirituel » dans un sens plus vulgaire… Mais là encore, pardonnez-moi, je n’assigne pas au romancier la tâche (d’ailleurs insurmontable) de me décrire une vérité profonde et quais immuable sur la nature humaine, mais seulement de me donner part à une expérience humaine déterminée, soit que j’ai faite et sur laquelle je n’ai pu mettre des mots, soit une expérience que je ne ferai sans doute jamais, mais qu’il me donnera de vivre par procuration. (Puisque vous aimez Musil, n’est-ce pas le cas de son autre chef d’œuvre, « Les désarrois de l’élève Törless », de faire pénétrer le lecteur dans l’ambiance lugubre et sévère d’un pensionnat aristocratique de fin d’empire autrichien? On aurait trop vite fait de résumer ce roman à l’homosexualité, plutôt partie d’un monde rigide, conséquence de toutes les descriptions qui précèdent. Et j’ajouterai que le succès de ce livre tient sans doute, à l’époque même de sa parution, tant aux lecteurs qui avaient vécus qu’aux lecteurs qui n’avaient précisément pas vécu ce monde particulier de l’aristocratie viennoise).
Si votre point de vue ne correspond en rien à ce qui précède, vous ne lirez sans doute jamais « Le chat » de Simenon (dont ce blog a compte rendu du film tiré), et c’est bien dommage pour vous. Car un écrivain comme Simenon n’aura manifestement pas plus que Nothomb l’honneur de vos félicitations pour son style ; c’est bien connu, proche du populaire, de la psychologie brute. Je me demande ce que vous pensez alors de Céline? Je n’ose croire que par un tour de manche, vous l’encenserez pour être tels ces précieux viennois qui en valsant aiment à entendre quelques pas plus cadencés venus tout droit du folklore du reste de l’empire alors qu’il tienne ce reste pour rien dans la vie publique, dit brutalement une précieuse ridicule… Certes, Nothomb, et j’en conviens parfaitement, n’a pas le style de Céline, mais pardon du peu : lorsqu’elle décrit dans « Les combustibles » comment un professeur d’université brûle peu à peu toute sa bibliothèque, se demandant chaque jour quel livre choisir, quel livre épargner, pour échapper au gel, il y a de la gueule de ses pages.
Par ailleurs, c’est bien étonnant de comparer (même d’une manière indirecte) Nothomb à Musil. Un siècle d’écart, et quel siècle!, celui de la fin d’un monde, ou pour reprendre la métaphore d’un autre viennois célèbre de ce siècle : « un monde d’hier ». Cette comparaison me semble tout aussi justifiée que celle qui consisterait à décider qui écrit le mieux de Racine ou Stendhal. Absurde n’est-ce pas? Une langue et son style ne sont pas vérités éternelles et monolithiques, quoi de plus évident, et c’est bien heureux ainsi. Comparons donc plutôt Amélie à Christine A., par exemple, ou Amélie à Marc L. et Philippe L. Vous verrez alors comme sa plume est douce et taquine, et bien qu’elle n’échappe pas au mal biographique du siècle, elle a quelques romans bien tapés ou le moi n’apparaît pas – quel luxe pour un lecteur à notre époque.
A ceux donc, qui n’attendent pas d’un roman une parole d’Evangile, et qui ne réservent pas le bon goût de la langue au XVIIIème, bref à ceux qui peuvent prendre un roman pour un moment de délectation simple, je recommande à nouveau ma voisine Amélie.
J’espère Belle Lurette que vous ne prendrez pas de fâcheuse manière ma réponse, mais à votre courte incision, je me devais de répondre par une longue fessée. Ne voyez pas dans ce dernier trait de l’impudence, mais juste le désir de vous saluer en libertin d’un monde disparu que, j’ose espérer, aimer autant que vous pour son style et sa fierté de vivre. Je vous embrasse la main.
↓ Citer | Editer | Posté 16 septembre, 2006, 16:02
8.
8 bxl-wawa écrit:
J’ajoute – et c’est avant tout un prétexte pour embrasser à nouveau votre main, vous voyez que je suis un bien mauvais garçon et que je mériterai les coups de bâton du vieux pensionnat – que je me méfie lorsqu’on parle du style des écrivains étrangers. Je n’ai jamais lu Musil en allemand. Je dis cela – et c’est un point connu de nombre d’entre vous – qu’un Hegel, par exemple, dont le style ne fait pas rêver en français, est un remarquable manieur de la langue allemande (m’ont assuré des amis allemands en qui j’ai confiance). Un écrivain comme Dostoïevski est « différent » qu’on le lise en français ou en russe, et ce parce que les traductions répandues de Dostoïevski l’ont rendu dans une langue française proche du romantisme français alors que la langue russe de Dostoïevski est brutale et constituée de phrase courte et nerveuse (à l’instar de nombreux de ces personnages). Un Soljenistyne à passer sa vie à rechercher des locutions russes en voie de disparition, et même tout à fait disparues, pour en truffer ses textes, non seulement pour leur redonner vie, mais surtout pour retrouver par là une partie de l’âme russe que le communisme avait, selon lui, assassinée. Comment le français rend-il cela? Sans douter du talent des traducteur, et puis on va pas faire un cours d’herméneutique, je pense que l’on perd beaucoup.
Avec la conscience d’avoir largement outrepassé vos propos et votre pensée, ainsi que la brièveté de votre avis qui mérite respect (je cède à la mode), je me retire modestement des gens bien éduqués de ce blog, et cette fois je n’ose pas vous embrasser la main, non timidité et angoisse m’ont envahi, j’incline simplement mon chapeau – celui d’Amélie bien entendu. Avec mes sentiments les meilleurs.
↓ Citer | Editer | Posté 16 septembre, 2006, 16:24
9.
9 Bruno écrit:
bxl-wawa, vous dites des choses vraiment intéressantes… je trouve fort dommage qu’aucune adresse ne renvoie vers un blog qui serait le vôtre… Bientôt, peut-être? Les commentaires laissés chez les autres finissent toujours pas donner à soi-même envie d’écrire.
Vous vous faites un superbe étendard de la cause d’Amélie Nothomb, et si l’on ajoute l’éloge fait par Dantec cette nuit à cette femme incroyable, cela commence à faire beaucoup…
Thibaut: à quand une apologie d’Amélie Nothomb, hmm?
Bruno
↓ Citer | Editer | Posté 16 septembre, 2006, 17:26
10.
10 Régis écrit:
Je surprends quelques pensées sur Dostoïevski et Soljenitsyne afin de signaler :
1/ Certes, Dostoïevski est différent selon la langue dans laquelle il est lu. Néanmoins le travail critique réalisé sur son oeuvre a – me semble-t-il – éloigné ce romantisme exacerbé auquel “wa-wa” fait allusion. Qui plus est – après lecture de ses romans – je ne vois nullement en quoi la traduction française aurait perdu la brutalité nerveuse dont l’auteur fait preuve. Incompréhension de la part de “wa-wa” ? Ou simplement pédanterie d’une lecture jamais accomplie sur les romans de Dostoïevski afin de faire la révérence d’un chapeau vaniteux ?
2/ Quant à Soljenitsyne – outre le petit documentaire jadis passé sur Arte concernant le travail de cet auteur sur la langue – “wa-wa” l’a-t-il seulement lu ? Sait-il que “Seuls peuvent nous comprendre ceux qui ont mangé à notre écuelle ?” Et que le projet de Soljenitsyne via la langue – outre le fait secondaire de restaurer une langue meurtrie – se situe dans l’idée même du goulag, où la discipline et le renoncement étaient de rigueur. Citons : ” Cette discipline du renoncement, Soljenitsyne l’étend à l’écriture : tout est dit avec le minimum de mots. Les comportements parlent d’eux-mêmes, si complexes soient-ils, s’agissant, par exemple, de l’ardeur au travail d’un forçat…” Cette âme russe (langue) assassinée est semblable à l’âme juive brûlée dans les camps : elle exprime l’absence des mots appropriés. Une impossibilité (ou tentative) à dire ce qui est ineffable, et la recherche désespérée de trouver les mots, afin de laisser un témoignage.
Et j’aimerai signaler – pour les lecteurs de ce blog ne désirant point de “moi” ou de “je” en littérature – cette phrase de Stendhal :
” On peut me reprocher de l’égotisme à la forme que j’ai adoptée. On permet à un voyageur de dire : ” J’étais à New-York, de là je m’embarquai pour l’Amérique du Sud, je remontai jusqu’à Santa-Fé-de-Bogota. Les cousins et les moustiques me désolèrent pendant la route, et je fus privé, pendant trois jours, de l’usage de l’oeil droit.” On n’accuse point ce voyageur d’aimer à parler de soi, on lui pardonne tous ces je et tous ces moi, parce que c’est la manière la plus claire et la plus intéressante de raconter ce qu’il a vu ” …
↓ Citer | Editer | Posté 16 septembre, 2006, 18:02
11.
11 Nezenlairécrit:
modération :
En tant que Thibaut, je me devrais de défendre Belle Lurette, mais ce serait pure partialité car je n’ai pas lu la moindre ligne d’A. Nothomb. Le plus simple est encore de lire les oeuvres recommandées par Wawa afin de se faire une idée. Toutefois, je crois que Belle Lurette a raison lorsqu’elle évoque la nourriture spirituelle du roman ; je ne me lancerai pas dans une dissertation khâgneuse sur le chef-d’oeuvre dans le roman mais il me semble qu’en effet, un roman qui ne restituerait pas une part de l’universelle condition humaine à travers la particularité d’une âme, c’est-à-dire un roman qui resterait enlisé dans la particularité sans parvenir à un élément de l’universel, voire de l’absolu, ne serait bon qu’à être encensé chez Frédéric Ferney le dimanche matin… C’est en ce sens que je comprends la nourriture spirituelle de Belle Lurette, une part d’universalité ou d’absolu qui nous arrache à nos particularismes ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle Mauriac ou Genevoix, me semble-t-il, sont d’emblée de mauvais romanciers.
Mais, cher Wawa, tu as pleinement raison pour Simenon ; Simenon est probablement un grand métaphysicien du XXème siècle disait Denis Tillinac ; ce n’est pas faux, il y a chez lui une remarquable saisie de la psychologie humaine, qui n’en reste pas bêtement à un terrain immanent mais qui renvoie à quelque chose comme une universalité tragique. Et en ce sens, il me semble que tu rejoins au fond Belle Lurette. Et d’ailleurs je ne puis accepter que tu déposes ainsi ton coeur aux pieds de Belle Lurette en oubliant que Thibaut c’est moi.
Je me permets de signaler à Régis que les commentaires ne sont pas des règlements de compte ; surtout que l’on ne peut pas nier la pertinence des propos de wawa : évidemment Dostoïevski n’est pas le même en français, évidemment il subit des transformations, voire des altérations. Cela est tellement vrai que les traductions sont toujours en mouvement ; on ne cesse de retraduire Dostoïevski, Shakespeare, Goethe, Faulkner, Joyce, etc.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’ai jamais lu A. Nothomb, je ne lis pas le Belge…et je refuse de passer par la traduction, traduction qui me semble en effet avoir beaucoup perdu – ouarf ouarf -
Quant à Soljenitsyne, je ne vois pas pourquoi le fait de rechercher des locutions russes oubliées serait incompatible avec une écriture de l’effroi, une écriture qui chercherait l’ineffable.
Enfin, quant à la légitimité du je, elle n’est pas en question lors d’un récit de voyage ; elle devient simplement intenable lorsque loin de servir d’instance pour une narration ou un récit de voyage, elle devient énonciation obsédante des petits tourments navrants d’une âme qui n’a rien à dire.
Robert Solé
↓ Citer | Editer | Posté 16 septembre, 2006, 18:39
12.
12 Nezenlair écrit:
chère Belle Lurette,
Réponse pour Belle Lurette :
Merci pour ce belle interprétation de votre foi, et vous avez bien raison de me soupçonner gnostique, je n’en suis jamais vraiment bien loin.
Nous pourrions discuter sur le fait que la Trinité désigne trois personnes, ce que je ne crois pas, (personne vient de hypostasis en grec, mot qui n’a pas du tout le sens d’une personne individuelle ; c’est un peu ambigu de parler d’une personne, mais peu importe)
Mais ce qui m’a intéressé c’est votre idée selon laquelle Dieu a besoin de connaître l’altérité humaine, et pour ce faire, quoi de plus efficace que d’embrasser la condition humaine ? Je crois que ce que vous dites est parfaitement vrai, mais pour le coup, je dois faire une observation : il me semble aller de soi que si Dieu et l’homme diffèrent en nature, alors l’homme constitue pour Dieu une altérité réelle. MAIS, si Dieu s’incarne, si Dieu fait l’épreuve en son sein de cette altérité, si Dieu accepte de prendre chair afin d’éprouver la condition humaine, comment doit-on interpréter ce geste divin ? Vous dites très nettement que Dieu connaît, par l’Incarnation du Verbe, la condition humaine ; l’incarnation serait donc une visée cognitive, mais, si l’on accepte cela, quid de l’omniscience divine ? C’est un problème ; allons plus loin : supposons que Dieu ait besoin de s’aliéner (au sens de : faire l’épreuve de l’humain) pour connaître ce qu’il ne connaît pas, alors ne faut-il pas en déduire que Dieu lui-même connaît une progression, que Dieu lui-même est en progrès, en évolution ? Si l’Incarnation apporte à Dieu une connaissance, alors nous sommes obligés d’admettre que Dieu n’est pas une substance stable et immuable; il évolue, il apprend, il progresse. Et cela, ce n’est rien d’autre que le hégélianisme que vous avez génialement restitué. Je constate donc, avec grand plaisir que Belle Lurette, vous êtes hégélienne, comme moi. Joie !
Bien à vous,
Thibaut
↓ Citer | Editer | Posté 16 septembre, 2006, 18:51
13.
13 Nezenlair écrit:
Réponse à Bruno :
Cher Bruno, merci pour ta citation de Joseph, je suis assez troublé pour être honnête car cette association du nombre à la Bête me semble signifier que la spéculation pytgahoricienne voire platonicienne, serait satanique. Est-ce si sûr ?
Dieu nomme, certes, mais Dieu est également nombre ; n’y a-t-il pas dans la Bible, dans le Pentateuque, une section nommée “les nombres” ? N’y a-t-il pas une association d’un nombre (le 7)à Dieu, n’y a-t-il pas les fameux 144 vieillards de l’apocalypse pas nécessairement de valeur satanique, etc?
Inversement, que Dieu ait un nom, cela ne va pas de soi ; il est imprononçable dans le Judaïsme, et bien des théologiens ont tenté de cerner le nom divin, au premier rang desquels Denys l’Aréopagite, en échouant systématiquement. Enfin, nous savons aujourd’hui qu’Adam n’est pas un nom propre mais un terme signifiant l’ensemble du peuple humain, si bien qu’Adam désigne en fait une pluralité humaine (cf. sur ce point Tresmontant) J’avoue être peu convaincu – pour une fois – par cette analyse de l’ex-cardinal.
Schmutzement tiens l’ami,
Thibaut
↓ Citer | Editer | Posté 16 septembre, 2006, 19:30
14.
14 bxl-wawa écrit:
@Bruno. Non, cher ami (je me permets cette familiarité « en vertu » – je suis en pleine étude du cours du pseudo-jacob – du proverbe bien connu : les amis de …), je n’ai pas de blog, d’autant plus que la pertinence de celui que nous commentons à le don de tuer toute velléité d’en produire un chez les « hommes sans qualités » tel que « moi » – pour saluer une fois encore la Belle de ces lieux. Par contre, j’ai ouï, ici et là, en laissant traîner volontairement mon oreille indiscrète, que vous réfléchissiez sur un projet passionnant avec des hommes d’une haute compétence, et je me réjouis déjà à l’idée de pouvoir éventuellement lire ce que produiront vos esprits puissants.
J’ajoute, en guise de transition, que « wawa », est le diminutif de la ville de Varsovie (Warzawa en polonais) et non pas le cri du petit ketje bruxeleer, comme le laisserait entendre le trait d’union de M. Régis.
@ce dernier donc, je lui demande la collection et le traducteur dans lequel il lit Dostoïevski, cela m’intéresse beaucoup, car, en effet, il absolutise un peu mon propos puisque je parlais des « traductions répandues », et de fait je n’ignorais pas l’existence de travaux plus critiques, dont l’un que j’ai eu en main en compagnie du Maître Luron. Mais il faut pardonner aux hommes enthousiastes tout en se méfiant cependant, avec Günter Grass, de leur propension à sombrer dans l’idéologie pure et le déni de l’autre, cause de tant de drames connus. Et c’est certainement cela – je ne voudrais pas parler aux noms des autres – qui est reproché à des écrivains et écrivainEs sur ce blog. Le « Moi » omnipotent, qui rapporte tout à soi, et fait sombrer le roman dans le futile, prenant le lecteur comme un chien de compagnie que l’auteur promène au gré de son bon vouloir, du salon de coiffure en passant par une réception mondaine, puis dans le lit des ébats… bref qui dit au lecteur, regarde « Moi », regarde « Moi ». C’est à dire, en fin de compte, le sans-gêne, la grossièreté, bref l’éducation dont un Stendhal (que citait M. Régis) ou un Chateaubriand dans Atala ne manquaient certainement pas. Mais voilà, les jeunes auteurs d’aujourd’hui , trop souvent, n’ont plus la classe de leurs aînés, que voulez-vous (et me donnerez-vous tort dans cette caricature ?) : ils lisent mal Nietzsche et se sentent sur-homme, ils lisent mal Rimbaud et se sentent apte à jouer avec la littérature. En outre, le Maître Luron précise que ce n’est pas le lieu d’un règlement de compte, j’acquiesce d’autant plus volontiers, M. Régis, qu’il ne me semble pas que nous avions déjà croisé la plume – ou le fer si vous préférez – sur ce blog. Ne manquez donc pas du courage de Bach, Monsieur, un peu de tenue que diable, nous ne sommes pas dans une taverne ! Quel dommage que j’ai entamé une « disputatio » (toujours Schmutz) avec Lurette, sinon je prendrai, comme un triste sir, argument de belle pour sortir la rapière.
@Maître Coincoin. Justement, je remercie la sagesse de ce dernier d’avoir dans une formidable synthèse hégélienne – c’est la moindre des choses pour un hégélien – rapproché nos points de vues. Si je n’avais pas fait preuve d’une certaine mauvaise foi – allez je l’avoue, faute avouée à moitié… – j’aurai ajouté à côté « d’une expérience déterminée » un accès à l’universel dans la mesure où chacun est justement susceptible de la reprendre. Puis, ok, j’avoue aussi, mea culpa (unique référence à l’article d’origine consacré au Pape) que j’ai forcé « spirituel » sur les sphères immuables. Mais bon ! Belle Lurette ne m’en voudra pas, j’espère, la violence (auquel depuis que Bush est président, il faut toujours accoler « disproportionnée »… ce serait un bon thème ça, Maître Luron, la mode des mots toujours suivis du même adjectif dans la presse parfois au risque de tomber de la redondance, ainsi le très célèbre « milice armée »), bref, ma réaction a dû souligner non seulement que je tenais à Amélie mais encore à l’intérêt du propos de Belle Lurette. Voilà comment en dix lignes on perd toute superbe ! Je vais retourner lire Zemmour « moi »… !
Sur ce, en m’excusant d’avoir été atrocement long, épuisé, je m’en retourne, plein de Vienne, et plein de vos avis, au silence.
↓ Citer | Editer | Posté 16 septembre, 2006, 19:44
15.
15 Bruno écrit:
bxl-wawa: je pense que vous parlez du projet de Thibaut sur “pourquoi nous aimons Derrida”, à moins que ce ne soit une dixième notule sur les gouffres et démons intimes de Jack Lang… ou de Ségolène Royal. Sur ces sujets, Thibaut est intarissable, je jubile et approuve en le lisant…
Je prépare de mon côté une note sur Michel Onfray, en m’appuyant sur la lecture d’un excellent petit livre d’Harold Bernat-Winter, qui tient un excellent blog hébergé par le site du monde, consacré à la “Critique et critique de la critique”. Lecture fortement recommandée aux amateurs de philosophie!
Bien à vous,
Bruno
↓ Citer | Editer | Posté 16 septembre, 2006, 21:04
16.
16 Bruno écrit:
Thibaut: tu te compliques la vie pour répondre à Joseph… Dantec ne donne pas la source de la citation, et c’est bien dommage. J’aurais tendance à ne pas classer ces quelques mots comme éléments de théologie et d’exégèse biblique stricto sensu, mais comme commentaire sur l’époque contemporaine. Ce qui permet à la fois de dire qu’Adam n’est pas un nom propre, mais aussi que l’appel que Dieu peut faire à chacun aujourd’hui sera unique, et ne désignera qu’un seul être appelé, parfaitement singulier… Quant aux nombres, il ne s’agit sans doute pas, comme chez Platon, de nombres appartenant à la structure intime des choses, mais tout simplement à une “immatriculation” qui prétendrait se substituer à une authentique dénomination. Je pense que Ratzinger a en tête quelque chose comme les immondes tatouages qui se firent sur les avant-bras des Juifs, au début des années 1940.
Enfin, sur le nombre, et je pense que, comme tu as parfaitement de souligner que le nombre n’est pas uniquement diabolique, je crois que Satan dit quelque part dans les Evangiles (ma mémoire flanche, honte…): “Car je suis légion”.
Dans le même genre, si tu as vu “La dernière tentation du Christ” de Scorsese, l’un des arguments de la jeune fille venue mal conseiller Jésus qui aurait refusé de mourir crucifié pour aller retrouver son grand amour Madeleine, l’un des arguments donc, incitant Jésus à courir les filles après la mort de Madeleine, est le suivant: la femme est unique, c’est toujours la même, seuls les visages changent, mais il n’y a qu’une seule femme aimée, au fond, et elle est toujours la même. La figure la plus accomplie du Mal n’est pas dans l’adoption d’ une position stricte (la pure unité-singularité, ou au contraire la pure multiplicité, l’un ou le nombre), mais une rencontre perverse de deux positions: le diable dit “la femme a des visages innombrables, mais elle est toujours la même.”
J’ai divagué… quelle horreur. Venir salir ton blog avec mes divagations. Shame on me!
Bruno
↓ Citer | Editer | Posté 16 septembre, 2006, 21:23
17.
17 Nezenlair écrit:
Réponse à Bruno
Cher Ami, je constate que tu mènes désormais 2-1 dans le jeu des citations dans les commentaires.
Au fond, évidemment Ratzinger a raison s’il critique la réduction de l’humain à un matricule. Il est vrai que nous assistons à notre transformation en numéros de série, que ce soient celui de la sécurité sociale, de la carte bleue, des codes barre, etc. Il est vrai également que la Bête est frappée du nombre infamant de 666 (qui n’est pas satanique en soi, contrairement à ce que l’on croit trop souvent), nombre que l’on retrouve dans tous les code-barre, selon la fameuse légende. (puisque les deux doubles barres de gauche et de droite, ainsi que la double du milieu symbolisent, en langage numérique, le 6…)
Enfin bref, tout ça pour revenir à ce devenir numérique de l’humanité, que dénonce avec raison Ratzinger. Je n’ai pas vu la dernière tentation du Christ, mais je me permets de citer Hugo, qui avait dans les travailleurs de la mer une formule admirable : “le bien a l’unité, le mal l’ubiquité.” Le néoplatonicien hégélien que je suis se réjouit de voir ainsi attribuer l’Un(ité) au Bien…
↓ Citer | Editer | Posté 16 septembre, 2006, 23:00
18.
18 bxl-wawa écrit:
ADAM : A – DA – M : Adam – David – Messie (dixit le Talmud)
↓ Citer | Editer | Posté 17 septembre, 2006, 10:45
19.
19 Benoît écrit:
Je signale le très bel éditorial d’Yves Thréard dans le Figaro de ce jour (18/09)
↓ Citer | Editer | Posté 18 septembre, 2006, 12:46
20.
20 Raoul écrit:
Thibaut, ton article est passionnant, j’ai simplement une question: ne s’agit-il pas d’Al Farabi et non d’Al Tarabi?
↓ Citer | Editer | Posté 20 septembre, 2006, 15:17
21.
21 Nezenlair écrit:
Cher Raoul,
Merci pour ton commentaire ; non il s’agit bien d’Al-Tabari, historien musulman du IXème siècle. Un homme méconnu “du reste”.
↓ Citer | Editer | Posté 20 septembre, 2006, 18:55
22.
22 Belle Lurette écrit:
Ouf, je suis soulagée, j’ai ENFIN pris le temps de répondre aux indigne moqueries de BXL Wawa –> sur mon blog!!! Merci de votre défense en tout cas. Vous êtes un vrai gentleman.
↓ Citer | Editer | Posté 22 septembre, 2006, 13:18
23.
23 Nezenlair écrit:
Oh, vous me faites rougir chère Belle Lurette ; vous ne devriez pas dire des choses comme ça, vous savez que le Gai-Luron, derrière son allure blasée et indifférente à tout, est un grand émotif : je crois même me rappeler qu’il tombe dans les pommes un soir de nouvel an lorsque Belle Lurette lui donne un petit bisou sur la truffe. Alors me traiter de gentleman, imaginez mon émoi !
Plof !
↓ Citer | Editer | Posté 22 septembre, 2006, 19:06
24.
24 mehdi sanhaji écrit:
La pensée d’Averroes est considérée par la théosophie musulmane comme étant un cu de sac en ce sens qu’elle n’aboutit pas à la connaissance véritable, celle que l’on ne peut acquérir qu’en suivant les enseignements de la philosophie prophétique. L’intellect de l’homme est incapable de saisir les hautes doctrines: il doit subir, lui et la raison, qui est son arme principale, une sorte de dévastation, un déluge, qui le noie pour mieux le régénérer. Je vous invite à visiter le site http.www.soufisme2000.com
↓ Citer | Editer | Posté 26 septembre, 2006, 23:06
25.
25 claude écrit:
Je profite du commentaire de Mehdi Sanhaji pour remercier Thibaut d’avoir ajouté dans sa liste de sites celui sur Avicenne.
Encore une occasion d’apprendre et de découvrir.
Combien de vies me faudra-t-il pour combler un peu toutes mes lacunes?!
Un grand merci d’y participer…
↓ Citer | Editer | Posté 27 septembre, 2006, 2:19
26.
26 Nezenlair écrit:
Merci pour le lien vers le soufisme et les précisions sur Averroès ; il est d’autant plus utile que, me semble-t-il, le recteur de la mosquée de Paris, penche vers le soufisme qui est certainement à la fois la dimension la plus mystique et la plus rationnelle de l’Islam.
Bien à vous
Thibaut
↓ Citer | Editer | Posté 27 septembre, 2006, 9:45
27.
27 Nezenlair écrit:
Chère Claude,
Nous sommes tous dans la même situation que vous, à savoir être confrontés à l’infini de la connaissance et voir cet infini s’agrandir à chaque nouvelle découverte. C’est en effet désespérant.
Bien à vous
Thibaut
↓ Citer | Editer | Posté 27 septembre, 2006, 9:49
28.
28 mehdi sanhaji écrit:
La connaissance, à mon humble avis, commence à l’instant où l’on se rend compte, au soir de sa vie, que l’on n’a rien appris en lisant les cogitations des autres. Ils ont pour la plus part tourné en rond et n’ont fait que nous donner le tournis.
La Bible et le coran nous montrent comment nous y prendre pour tuer le goliath qui est en nous : notre propre intellect pratique. Sodome, la cité de la raison et de la dialectique doit subir le même sort. Pharaon, notre ego, une fois noyé, la Connaissance Imaginative peut prendre son essor. L’assomption de la Connaissance est au bout du chemin. Avicenne, que vous sitez si bien à propos, est un bon guide pour ce genre de voyage.
↓ Citer | Editer | Posté 28 septembre, 2006, 23:48
29.
29 Nezenlair écrit:
Ce que vous dites est exactement ce que dit Thomas d’Aquin quelques jours avant de mourir en chemin ; “tout ce que j’ai écrit est faux”
Je ne suis pas d’accord, cependant, pour condamner comme vous le faites la raison. Voyez-vous, je préfère choisir l’erreur de la raison que la vérité de la connaissance imaginative. Dieu nous a donné la raison, ce n’est pas pour la “noyer” ; l’usage de la raison est, me semble-t-il, à la fois un moyen imparfait pour comprendre et aussi (et c’est capital) vivre à peu près en harmonie avec son prochain.
Plus me plait le tournis rationnel que les abîmes imaginaux.
↓ Citer | Editer | Posté 29 septembre, 2006, 10:47
30.
30 Bruno écrit:
Ce qu’écrit Mehdi me rappelle un gros pavé que je m’étais procuré l’an dernier, que je n’ai pas encore eu le temps de lire: Métaphysique de l’imagination, de Cynthia Fleury, où effectivement bien des perspectives philosophiques sont ouvertes par une forme de connaissance “imaginale”. C. Fleury est par ailleurs très au point sur la philosophie orientale. Et je m’agace tout seul de n’avoir jamais le temps de lire tout ce que je voudrais…
Soit dit en passant: Mehdi vient de nous ouvrir un vrai début de dialogue “inter-religieux”: l’expression pure et simple d’une foi, d’une conviction intime, sans que la passion ne prenne le pas sur les idées…
@ Thibaut, pour être sûr de t’avoir bien compris: qu’entends-tu par cette “erreur de la raison” que tu dis préférer à la vérité d’une connaissance qui emprunterait la voie de l’image, ou disons de l’imagination?
↓ Citer | Editer | Posté 29 septembre, 2006, 11:35
31.
31 Nezenlair écrit:
J’entends par là une chose assez simple ; je ne crois pas qu’en soi, ce soit la raison qui rapproche Dieu de l’homme, mais pour autant je préfère le croire pour des raisons pratiques. Je crois qu’il faut faire le pari de la raison, même si ce n’est pas ce qui nous rapproche nécessairement de Dieu.
Humainement parlant c’est là le meilleur choix, et, en tant qu’êtres-au-monde, nous devons utiliser les outils mondains qui nous élèvent le plus, et nous permettent de nous parler sur un terrain commun ; cet outil, c’est la raison, il n’y en a pas d’autres.
Pour autant, Mehdi a peut-être raison, la connaissance imaginale d’Avicenne est peut-être bien plus efficace pour aller à Dieu.
↓ Citer | Editer | Posté 29 septembre, 2006, 11:44
32.
32 mehdi sanhaji écrit:
Pour les théosophes, Il y a la connaissance ordinaire ou pratique que certains élèvent par l’étude et la reflection au niveau de sagesse terrestre ou philosophie spéculative basée sur la raison.
Il existe par ailleurs une sagesse dite céleste ou philosophie prophétique basée sur la connaissance imaginative. La spiritualité de Noé est celle qui permet de passer de l’une à l’autre. Le déluge décrit dans les livres saints n’est nullement un évênement ou une catastrophe géologique. C’est une démarche psycho-spirituelle qui permet de dépasser la matérialité apparente du monde, afin de transcender la raison sans la nier. Le mont Ararat est l’ilôt, le reste d’intellect pratique qui subsiste après cette démarche. Là se trouve la porte du premier des sept cieux.
↓ Citer | Editer | Posté 29 septembre, 2006, 14:45
33.
33 Nezenlairécrit:
Je suis très heureux que vous abordiez cette lecture symbolique de l’AT. Je dois me déclarer incompétent pour tenir la route sur ce sujet.
En revanche, la théosophie que vous évoquez au début du commentaire est peut-être, en effet, la seule pratique spirituelle qui intègre la raison dans une ressaisie de la nature, un peu à la manière du hégélianisme. Il faudrait creuser cette voie pour intégrer la raison dans la pratique religieuse.
↓ Citer | Editer | Posté 29 septembre, 2006, 15:04
34.
34 mehdi sanhaji écrit:
La scolastique, quelle que soit la religion dogmatique considérée, n’a jamais cessé de creuser dans cette direction. De tout temps, elle n’a réussi au mieux qu’à théoriser des idéologies conformes à celles qui supportent les visées politiques des grands de ce monde. Les philosophes n’ont guère fait mieux.
La religion de l’Amour et de la Résurrection telle que nous l’enseigne Jésus, mohamed et les prophètes qui les ont précédés est une gnose universelle qui mène l’homme à la connaissance de soi et de Dieu. Dieu est seul Guide dans cette voie
↓ Citer | Editer | Posté 8 octobre, 2006, 2:31
35.
35 Amaury de Cizancourt écrit:
Cher “Coincoin…”
114 sourates ! Commençant toutes par “Au nom de Dieu, le Clément, le Misériciordieux”. Et puis plus rien. Pas un mot de clémence, pas un mot de miséricorde : la Shahada ou la Géhenne, la Fatiha ou bien la mort. Un Islam tolérant ? Pourquoi pas, mais où ? Quand ? En Andalousie peut-être, mais par contact, comme vous le dites si bien. Sans faire du Fallaci, j’aimerais que nos beaux penseurs politiquement très corrects nous expliquent leurs sources, où qu’ils lisent le Coran.
Bravo et merci pour votre blog. Le mien n’en est qu’à ses débuts…
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 13:40
36.
36 Nezenlair écrit:
Par simple plaisir de la polémique, on peut inversement se demander si une religion DOIT, par essence, être tolérante ; ne serait-ce pas là un impératif purement social, hérité des Lumières ?
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 14:21
37.
37 tschok écrit:
Aaaaaaaaaaaaaah!
Voilà un sujet de profond désaccord!
Chouette!
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 14:42
38.
38 Funny Friend écrit:
Mon ancien directeur de conscience avait pour habitude de dire qu’ “on ne tolère que le mal”. Alors à la question une religion DOIT-elle être tolérante, la réponse est claire : non ! Sa vocation est ailleurs !!
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 14:51
39.
39 Nezenlair écrit:
Petite mise en abîme cher Tschok : que se passe-t-il si nous admettons tous deux qu’il y a désaccord ? N’y aurait-il pas là un méta-accord, portant sur le désaccord ?
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 15:29
40.
40 Nezenlair écrit:
C’est aussi ce que je pense cher FF ; mais Tschok n’est pas d’accord, le saligaud !
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 15:32
41.
41 Amaury de Cizancourt écrit:
Cher Tshok, cher Funny Friend, cher Coincoin ,
Polémique effectivement, et qui n’est pas sans intérêt.
Mais le point que je voulais soulever est bien l’affirmation sans cesse renouvelée de tolérance qui nous est faite à propos de l’Islam et l’inadéquation absolue de cette proposition avec les textes mêmes (Coran ou bien exégètes d’ailleurs – voir Boukari) auxquels l’Islam se réfère.
Peut-être faudrait-il plus parler du sujet de la “miséricorde” plutôt que de la “tolérance” dans le cas précis pour éviter une partie de la polémique. Mais une partie seulement.
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 15:58
42.
42 tschok écrit:
Allah le très miséricordieux…
Rien que ce titre rachète toutes les fautes de ses fidèles.
Parce que lui aussi est un dieu rédempteur.
Sauf que je n’ai vraiment pas envie de parler de lui.
Plutôt des hommes.
Dieu me gonfle. Et les curés encore plus. A barbe ou à queue.
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 18:54
43.
43 tschok écrit:
Si la foi des Chrétiens était si pure et n’était qu’amour et raison, comme nous dit le pape, nous n’aurions pas autant de curés pédophiles, pas autant de faux dévots qui meurent sur le ventre des putes, qu’ils fréquentent sous prétexte de visiter leurs pauvres.
Ni autant d’inquisiteurs, ou de conquistadors, ou de commandos anti IVG.
Si allah étais aussi misécordieux qu’on le dit, nous n’aurions pas 3.000 morts dans deux tours en Amérique, 200 dans les métros de Madrid et 60 dans les bus de Londres, sans oublier ceux des boites de nuit en Indonésie, ni toutes les femmes lapidées, ailleurs dans le “monde musulman”.
Si les Juifs étaient aussi sympas qu’on le dit, ils ne se feraient pas autant de mal aux Palestiniens.
Moi, je vous propose un autre modèle: on va dire que la religion est un facteur de désordre et de passions. Pas du tout un truc de raison et d’amour, ou toute ces conneries que nous dit le pape, ou George Bush.
On va dire ensuite qu’on va les tenir à l’oeil, tous autant qu’ils sont. Les barbus commes les cheveux blancs et bedonnants, serviteurs du Christ pauvre et non violent (mon cul oui) ou ces jolies jeunes femmes voilées, mais connes à sucer de la bite.
Ensuite, on va dire qu’on aura une bonne arme à portée de la main (je vous proprose un famas calibre 5.56) et une bonne devise personnelle (qui veut la paix prépare la guerre, par exemple), qu’on aura aussi une devise publique (mettons par exemple, liberté, égalité, fraternité, ça me va) et une loi (celle de la république me va à peu près, aussi) (celle de dieu, je la contrôle pas, mais eux la contrôle, alors j’en veux pour rien au monde).
On va dire qu’on va être sympa, comme un hussard noir de la république. Ou un CRS, si vous préférez.
On va dire qu’on va être cruel, comme un corvée de bois. Mais jamais comme un nazi. Et on va tenir cet engagement.
On va dire qu’on va être loyal, comme un officier à l’égard de ses troupes, y compris coloniale.
On va dire qu’on va être audacieux comme Simbad le marin.
On va dire qu’on va être jouisseur, parce que c’est notre plaisir et que ça les fait chier.
On va faire.
Ensuite, je vous assure, tout ce bordel va devenir très facile à gérer.
Si, si. Je vous assure.
Mais, Thibaut, arrêtez de m’emmerder avec vos conneries de bondieuseries.
S’il vous plaît. C’est pas raisonnable, enfin voyons.
Est ce que, moi, je vous raconte comment je me paluche? Hum?
Se caresser la queue en regardant la double page d’un play boy, c’est la même chose que se caresser le cervelet en lisant la bible.
Ou bien alors, allons y et racontons nous nos séances de branlette. (ça pourrait être très instructif, pourvu que les femmes participent)
Ce discours du pape devant cet aéropage d’universitaires est un strip tease de tarlouzes.
Vous trouvez pas?
Sincèrement, vous ne trouvez pas qu’il n’y a pas d’idées dans tout cela, mais surtout des conventions et du pouvoir?
because le pape est sympa quand il nous cause de son rapport profond à dieu, mais je vous rappelle quand même que, fondamentalement, l’église des cathos considères les femmes comme des animaux domestiques, créées pour tenir compagnie à Adam (quoi, femme! tiens moi compagnie et suce moi pendant que tu y es).
Sauf qu’ils ont peur des femmes.
Elles leur foutent la trouille, à un point inimaginable.
Alors, ils sont devenus tarlouzes, pédophiles et chiants. Lettrés en plus. Ils vous sortent des références, je savais même pas que ça existait! Faut dire qu’entre les photos de petits garçons à poil en train de faire une pyjama party avec leur directeur de conscience, nos curés ont pris la peine de ranger de doctes lectures.
Les cathos, c’est des mecs= ils ont peur des femmes et ils violent des gosses.
Les barbus, c’est pareil, sauf que c’est sanguinaire.
Les Juifs, c’est pareil. Eretz Israel = rêve devenu cauchemar. Faudra que quelqu’un trouve le courage de leur dire, quand même. Quand Athène devient Sparte, quand la victime devient tortionnaire… enfin toussa quoi. Rien à voir avec la Shoa. Juste qu’ils font trop de mal et pas assez plaisir.
Va falloir trouver les mots justes, sans vexer personne, mais remettre tout le monde à sa place.
Ces connards vont arrêter de nous emmerder. On va les punir et ils vont adorer ça. Et je vous dis qu’en tant que Français on est très doués pour ça.
Il le faut.
Pourquoi?
Parce que demain la science va nous poser des problèmes autrement plus redoutables et on ne pourra pas tout faire en même temps.
On ne peut pas combattre sur plusieurs fronts.
Leur branlette sur leurs bondieuseries, c’est de la bibine à côté de ce qui nous attend: assumer notre propre héritage d’êtres humains.
Ensuite, on verra: le XXII ième siècle sera spirituel ou tout ce qu vous voulez.
Alors, votre avis?
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 19:43
44.
44 haliotoide écrit:
Eh ben Tschok ? Ça va mieux ? Défoulé ? Tant mieux pour toi. A +
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 20:07
45.
45 tschok écrit:
Haliotoide,
Par définition, oui. Merci.
Si tu as une autre question, n’hésite pas, je tiens une permanence à la mairie.
Sinon, tu peux contribuer, malgré tout.
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 20:23
46.
46 Nezenlair écrit:
Tschok, je suis ébloui par la nuance de votre commentaire.
Je suis en désaccord (ouais !) sur deux points majeurs :
1) le fait de déduire la nocivité de la religion à partir de ceux qui agissent en son nom. On ne peut pas déduire, comme vous le faites, de la bêtise de bien des croyants, la nocivité de la théorie à laquelle ils adhèrent. C’est trop facile. C’est pourquoi, d’ailleurs, la bêtise du terrorisme musulman me semble faible pour dénoncer l’Islamism : ce qu’il faut faire, c’est étudier les textes et montrer que textuellement, il y a un problème. De même, la pédophilie de certains prêtres ne prouve en rien l’erreur théologique de la religion à laquelle ils appartiennent.
2) Sur les Juifs, vous passez indûment d’une religion à un peuple, sans tenir compte de la polysémie du mot “juif” ; c’est un peu hâtif mon ami.
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 22:08
47.
47 Nezenlairécrit:
Une “permanence à la mairie” ???? On aura tout entendu ici.
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 22:09
48.
48 Nezenlairécrit:
Quant à la miséricorde, évoquée par Haliotoide, je crois – mais je n’en suis pas sûr – qu’il s’agit d’un terme réservé à Dieu. Que Dieu soit miséricordieux incite certainement les hommes aux pires atrocités, espérant que Dieu leur pardonne leurs petites crapuleries.
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 22:12
49.
49 Elise PELLERIN écrit:
Ah, Tschok vient de dégringoler dans mon estime…
Thibaut, heureusement que tu es là! Tu es mon seul maître. Amen!
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 22:36
50.
50 Elise PELLERIN écrit:
C’est minable Tschok, votre commentaire. Il y a comme une sorte de nietzschéisme mal embouché, du genre “ouais, moi je ne fuis pas devant mon humanité tragiquement humaine d’être humain”.
Ah quel dommage, quel dommage.
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 22:38
51.
51 haliotoide écrit:
Sur la miséricorde, tu as raison à cent pour cent. Autant pour moi…
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 22:42
52.
52 Nezenlair écrit:
T’en fais pas, belle lurette, je pense que tschok était en manque de désacord ce soir. Il a mis la gomme pour qu’on réagisse !
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 22:55
53.
53 tschok écrit:
Elise,
Désolé.
Mais comme ça, vous ressemblez déjà beaucoup plus à une musulmane après un discours du pape à Ratisbonne (chaque jour, je remercie moi-même le créateur de m’apprendre l’humilité). Par ailleurs je n’ai jamais lu Nicht. Ensuite, il n’est pas si tragique que cela d’être humain: après tout, dieu n’est peut être pas un si bon job qu’on le pense. Vous en savez quelque chose? Si oui, je suis à vous.
Désolé aussi de dégringoler dans votre estime. Cela dit, je ne prétends pas devenir votre maître.
Thibaut,
Pour le 1): je vous attendais précisément à cet endroit là, mais il est un peut tard pour tendre une embuscade. S’il vous plaît, ne bougez pas, je reviens demain (je sais, c’est aussi militrairement nul que de dire “Messieurs les Anglais, tirez les premiers”, mais bon… il est trop tard pour un si long développement.
Pour le 2): j’admets, j’y suis allé un peu rapidement. Mais après tout on fait la même chose avec les Musulmans et on se fout royalement de savoir si oui ou non ils sont uniques ou mosaïques. Alors c’est ma façon à moi de rétablir une certaine égalité. Or, justement, ce n’est pas à moi de le faire, donc je mérite votre critique comme une claque.
↓ Citer | Editer | Posté 8 janvier, 2007, 23:47
54.
54 Nezenlair écrit:
Je serai donc miséricordieux…
↓ Citer | Editer | Posté 9 janvier, 2007, 1:04
55.
55 Nezenlair écrit:
Tschok, j’attends le 1) mais je ne suis pas convaincu par le 2 : à ma connaissance, il n’existe pas de “peuple musulman”, alors qu’il existe un peuple juif. Il ne s’agit donc pas de savoir si l’Islam est multiple, mais de ne pas confondre les agissements d’une nation avec les préceptes d’une religion. Sachez que DSK et son épouse aux seins clairs -hum… – sont juifs, athées, et sionistes ; en somme, ils sont juifs et non juifs.
↓ Citer | Editer | Posté 9 janvier, 2007, 1:07
56.
56 Elise écrit:
Cher Tschok,
Comme chacun sait, Dieu est un fumeur de havanes qui bulle dans son jacuzzi pendant que les hommes endurent les peines du travail, soumis à la coupe des méchants capitalistes.
Enfin, c’est ce qui m’a été révélé sur mon blog par un anonyme prophète.
Alors, être un homme, c’est être le prolétaire de Dieu.
Et être une femme, c’est être le prolétaire de l’homme.
Bref, tout ça c’est mal barré.
La musulmane vous salue bien!
↓ Citer | Editer | Posté 9 janvier, 2007, 9:46
57.
57 Funny Friend écrit:
Elise, est-ce que tu crois qu’en plus de son havane Dieu porte un super béret à la Ernesto ??
En lisant tout ça, je me dis, que plus ça va et moins on avance. Je vous invite à relire les traités Sur l’Incompréhensibilité de Dieu de mon pote Chrysostome, histoire de (re)trouver humilité, miséricorde, sérénité….
Sinon un seul mot d’ordre :”prolétaires de Dieu, unissez-vous !! ”
A bientôt,
Le sémite catholique-musulman.
↓ Citer | Editer | Posté 9 janvier, 2007, 11:13
58.
58 Nezenlair écrit:
Tiens, tu es musulmane Elise ? Ca me rappelle une chanson de Sardou, pleine de “youyou” comme dirait un député.
↓ Citer | Editer | Posté 9 janvier, 2007, 12:50
59.
59 Nezenlair écrit:
L’incompréhensibilité de Dieu ? Deus absconditus ? Mouais, mais ne faut-il pas déjà être assez peu humble pour expliquer au bon peuple quelle est la nature de Dieu, et ce que les hommes sont capables d’en savoir ? N’est-ce pas transférer un échec cognitif personnel à l’ensemble de la structure cognitive (ou intuitive) de l’humanité ? J’avoue être un peu sceptique, et quitte à décréter quelle est la nature de Dieu ou ce qu’on peut en savoir, je préfère un Hegel qui explique comment s’auto-poser comme Esprit.
↓ Citer | Editer | Posté 9 janvier, 2007, 12:55
60.
60 Funny Friend écrit:
Chrysostome ne définit pas ou peu la nature de Dieu, cher Coincoin, puisqu’il s’acharne à expliquer que nul homme ne peut pas la saisir intrasèquement !! Quant à savoir s’il a développé un léger complexe de supériorité, c’est probable mais les saints ne sont pas exonérés de faiblesses…
↓ Citer | Editer | Posté 9 janvier, 2007, 16:36
61.
61 tschok écrit:
Bonjour Thibaut,
Je passe en vitesse, je relogue et je reviens.
PS: mon com d’hier, vers 19.45, tenait effectivement de l’exagération et de la provoc. La proco était d’autrant plus crédible que moi même j’y crois.
D’où quelques petites nuances à fournir. Avec le 2)
↓ Citer | Editer | Posté 9 janvier, 2007, 17:15
62.
62 Nezenlairécrit:
Mais justement cher FF, dire que dieu est insaisissable, c’est déjà le situer en dehors des catégories cognitives humaines, ce qui finalement revient à définir sa nature de façon négative. Non ?
↓ Citer | Editer | Posté 9 janvier, 2007, 17:37
63.
63 Nezenlair écrit:
Oui mon bon Tschok.
↓ Citer | Editer | Posté 9 janvier, 2007, 17:38
64.
64 tschok écrit:
Dans votre 2), il a plusieurs idées. Les premières concernent plutôt la problématique de la foi en générale. Les secondes concernent ces mêmes idées, mais appliquées à la critique de l’Islam en raison du terrorisme. Les dernières sont aussi une application, mais cette fois ci aux prêtres pédophiles.
L’idée centrale, c’est que dieu n’est pas responsable de la folie des hommes, mais que les hommes sont responsables de leur folie de dieu. Par conséquent, dieu étant au dessus de tout soupçon, la religion reste pure, puisque, nous dit le pape, en ce qui concerne spécifiquement la religion chrétienne, par opposition à l’islam réputé intrinséquement violent, la foi est raison et amour.
Redeker le rejoint complètement sur cette position, intensifiant l’opposition qui existe selon lui entre d’une part l’islam et d’autre part le christianisme et le judaïsme.
Vous même, vous reprenez cette idée en disant que ce n’est pas parce que les hommes sont parfois bêtes que les croyances ou les idées religieuses sont nocives.
Du reste, notre culture libérale et laïque entend parfaitement cette distinction fondamentale entre l’homme et ses idées, ou les idées en générale.
Objection.
Si la distinction théorique entre les idées et les hommes, entre leurs croyances religieuses et eux est facile à faire, en pratique on ne peut pas faire abstraction des hommes et de leur comportement quand on parle d’une religion ou de leurs idées, parce que c’est bien l’homme qui anime ces concepts qui, sans lui, resteraient inanimé.
Dire par exemple que la religion chrétienne est exempte de violence, qu’elle n’est qu’amour et raison pure, alors que seuls ceux qui ont agi en son nom et pour son compte ont été violents et cruels, revient à faire de la religion chrétienne, qui s’incarne dans l’église, une construction abstraite qui n’est jamais coupable de rien, alors que c’est sur ses ordres ou avec son assentiment que les pires atrocités jamais commise dans l’histoire de l’humanité ont été exécutées avec zèle.
La même chose peut être dite pour toutes les religions.
Sur l’islam, vous nous dites, en somme, le ferment de la violence est dans le texte. Critiquer l’islam par le biai du terrorisme est faible. Il faut faire l’exégèse.
Objection: tout texte sacré dit tout et son contraire. C’est conçu pour. La bible elle même est très violente parfois. Faut il en déduire que les chrétiens sont des gens intrinsèquement violents? Alors que justement vous dites qu’il faut distinguer les hommes de leurs croyances?
Je ne comprends plus.
Pourquoi lorsque nous parlons de la foi des Chrétiens nous établissons cette distinction alors que nous l’abolissons lorsque nous parlons de celle des Musulmans?
Pourquoi cette différence de traitement?
Nous disons que les Musulmans sont des gens fanatiques, violents et intolérants (regarder la photo de votre post) parce que leur texte sacré contient en germe le fanatisme, la violence et l’intolérance.
Et nous disons que les Chrétiens sont des gens bien parce que leur foi est pure, même si c’est au nom de cette foi que l’église a commis les pires dégueulasserie de l’histoire.
Les prêtres pédophiles: vous dites distinguons les comportements déviant de certains prêtres, brebis égarées, de la foi des Chrétiens, belle et pure.
Objection: n’est ce pas en culpabilisant ces hommes sur leurs pulsions sexuelles que la religion a contribué à les créer? Est ce vraiment possible de distinguer un homme de ses croyances? Alors que ce sont ses croyances, les frustrations ou les pulsions qu’elles engendrent qui le font agir de telle façon et pas de telle autre?
Dans mon com, qui était très violent et provocateur, selon ma propre appréciation, j’ai utilisé contre les Chrétiens ce très vieux poncif de la libido sexuelle contrariée des prêtres cathos de la même façon que Redeker a utulisé le poncif de la violence de l’islam contre les Musulmans.
Le résultat a été immédiat et édifiant: ma côte de popularité a fait une chute libre.
Maintenant, après ce long com, peut être que nous comprendrons mieux la réaction des musulmans après le discours du pape et l’article de Redeker, puisqu’en définitive nous avons la même quand on nous parle mal de notre propre foi.
↓ Citer | Editer | Posté 9 janvier, 2007, 18:10
65.
65 Funny Friend écrit:
Oui Thibaut ,je me suis finalement fait la même réflexion en poursuivant ma lecture des discours Sur l’Incompréhensibilité… Intéressant puisque Jean s’en prend au gnostiques-anoméens…
Ciao.
↓ Citer | Editer | Posté 9 janvier, 2007, 18:12
66.
66 Nezenlair écrit:
Tschok, je trouve que votre propos est assez confus.
Vous mélanger textes sacrés, dogmes, doctrine sociale, circonstances politiques, etc.
Qu’appelez-vous une idée religieuse ? Une parole d’un Prophète dans un texte sacré ? Un dogme élaboré par des hommes ? Un prêche ? C’est beaucoup trop flou.
Par ailleurs, vous dites que nous réagissons comme des musulmans – horresco referans – lorsque votre cote s’effondre auprès de belle lurette ; mais nul ne réclame votre tête, nous n’avons pas incité nos amis à venir vous égorger avec tolérance.
Plus sérieusement, il faudrait être assez précis pour répondre à ce que vous dites, c’est-à-dire rétablir la rigueur là où tout se brouille :
1) Je suis persuadé qu’aucune religion n’est faite pour être pacifiste ; il y a une violence intrinsèque dans l’idée du sacré et seule une certaine laïcisation peut faire croire que le christianisme est une religion de paix au sens pacifiste du terme. Sur ce point je suis d’accord avec vous, l’idée du sacré véhicule nécessairement une part de violence, et il est probable que l’Islam ait préservé ce sens du sacré que n’ont plus les Chrétiens.
2) Néanmoins, le Christianisme possède intrinsèquement une ambiguïté que n’ont ni l’Islam ni le Judaïsme (mais j’y reviendrai) à savoir l’idée d’incarnation qui réduit le divin à la mesure humaine, si bien que le divin se juge selon l’humaine mesure, selon des valeurs humaines ; c’est ce qu’a dit Benoît XVI, et c’est très intéressant, contrairement à ce que vous dites. Il sous-entend par là que l’Incarnation signifie quelque chose de l’ordre de la fin d’une transcendance absolue, au profit d’un rapprochement entre l’immanence et la transcendance, afin que le mouvement de celle-ci dans celle-là préfigure l’ascension de celle-là en celle-ci. Cette interprétation, qui relève de la théologie pure a nécessairement des conséquences pratiques, en ce sens que les valeurs qui se déduisent d’un mouvement d’humanisation du divin atténuent nécessairement la cruauté inhérente à une transcendance qui fût restée inaccessible.
3) Si le Judaïsme n’a pas ce concept d’humanisation du divin, il est tou
Il faut réapprendre à lire les textes sacrés!
Les guerres et les batailles dont ils nous donnent les récits, ainsi que ceux à quoi ils incitent les fidèles, ne sont guère celles auquelles vous pensez!
Bien au contraire, ils incitent au combat intérieur, qui est celui que l’on gagne par l’ascèse la purification et la connaissance.
Comprendre les textes au premier degré est le propre des extrémistes de tous bords et des théologiens porteurs d’oeillères et de boules quiess.
L’infidèle qu’il faut combatre et tuer est celui intérieur, celui qui en nous ne pense ne discerne et ne valorise que ce qui est matériel en ce monde!
Il n’existe d’autre ennemi à combâtre que celui-là nous disent les textes sacrés quand ils sont correctement lus!
Cher Mehdi,
Cette interprétation est fort intéressante, mais est-ce celle de tous les croyants ? J’avoue en douter fort. L’intériorité est un degré élevé de spiritualité, vous le savez bien, et je crains que l’ensemble des croyants ne soit pas disposée à admettre pareille spiritualisation des textes.
Je ne pa
Cher Nezenl’air
Que vous importe l’échec cognitif des autres si vous arrivez à surmonter le vôtre.
Oui, certes, mais peut-on vraiment imaginer que la profondeur fasse l’économie du salut des autres ? Doit-on être totalement indifférent au monde extérieur sous prétexte de profodeur ou de gnose ?
Notre salut ainsi que celui des autres ne dépend que de Dieu et de Dieu seul. La Religion vraie n’est pas ce dogme que l’on rencontre galvaudé à tous les coins de rues. Elle est encore moins une idéologie à inculquer. C’est plutôt un trésor que l’on découvre en soi et nulle part ailleurs, et ce, à condition que la grâce divine s’en mèle et s’en « charge ». Je n’ai rien à ajouter.
D’accord
Cher Nezenl’air
J’aimerai savoir si vous avez eu la curiosité de lire l’ouvrage paru au Maroc sous le titre » La foi et la raison en Islam » en réponse à Benoit XVI.
Si vous êtes intéressé, vous pouvez télécharger le dit ouvrage directement à partir de mon site.
http://www.soufisme2000.com
Cher Monsieur, merci pour votre lien, je vais le regarder de ce pas.
Voici, une réponse à Benoit XVI, qui démontre que ce qu’il dit est totalement faux.
http://www.maison-islam.com/index.php
option=com_content&task=view&id=492&Itemid=2
aller dans l’article « Au sujet des propos tenus par Benoît XVI à Ratisbonne sur l’islam »
Mais je n’arrête pas de lui dire!
Mouarf!
Cher Nez en l’air
Si vous avez lu l’ouvrage que propose le site soufisme2000, vous avez pu comprendre qu’il n’existe et n’a jamais existé qu’une seule religion : la Religion Eternelle.
La foi simple, commune, et la raison, sagesse terrestre, sont tous deux assujétis aux intérêts matériels des groupements humains. Cette foi et cette raison les divisent et les opposent.
Lorsque l’individu atteind la Foi Expériencielle personnelle, « el Yaqîn », et avec elle la sagesse prophétique, sagesse qui abolit la raison en la trenscendant, se révèle à lui le Sens profond et commun à toutes les religions. Il n’y a plus alors de différence et encore moins d’opposition entre elles. L’existence conflictuelle, avec soi-même et avec les autres, qui est la règle presque générale en ce monde, s’évanouit pour laisser place à un sentiment de fraternité humaine généralisée et à un amour infini pour toute la création.
Mais il marche pas le lien.
Tschok faites pas semblant d’avoir lu le lien…
Cher soufisme 2000,
Je ne suis pas très convaincu par l’idée d’une religion éternelle, ou d’une philosophia perennis en général mais cette idée est défendable.
Cher Nez en l’air,
Ecrivez soufisme2000 attaché dans l’espace réservé sur Google, ou clicquez sur http://www.soufisme2000.com
La philosophia perennis est le fruit d’un apprentissage que l’on doit au guide personnel : Daïmon, Hermes, Toth, Henoch ou encore Idriss selon la « religion » qui en développe le thème. Un nom différent à chaque fois pour désigner le « médiateur » entre Dieu et les hommes.
Mais si il marche. Par la barbe du prophète!
Si vous avez 5 minutes, allez donc sur ce site jeter un coup d’oeil, dans le prolongement de notre discussion sur l’islam. Vous y trouverez beaucoup plus de précisions que dans mon post, gentiment publié par Camille.
Je viens de lire le site de propagande « la maison de l’Islam » qui est à nouveau accessible ; il y aurait énormément de choses à dire, notamment le fait que l’auteur de ce site identifie Bush à un religieux, ce qui a tendance à montrer que la distinction entre le religieux et le civil n’est pas vraiment au point… même chez ceux qui se prétendent modérés. La guerre menée en Irak n’est pas menée au nom du Christianisme que je sache…
Voui, sans doute.
Ces posts là m’ont peu intéressé. Je me référais plutôt à ceux consacrés à la technique jurisprudentielle et à l’interprétation.
Pour la laïcité: il ne faut pas perdre de vue que pour un Musulman, la notion de laïcité telle que nous la concevons est sans objet.
En ce qui concerne Bush et sa guerre en Irak, avouons qu’il y a lieu de commettre la confusion.
« Pour la laïcité: il ne faut pas perdre de vue que pour un Musulman, la notion de laïcité telle que nous la concevons est sans objet. »
Nous sommes bien d’accord et c’est là le drame…
Meuh non c’est pas un drame.
Mais si ! Nous nageons en plein drame ; la preuve : drame!
vous faites preuve d’une ignorance crasse et d’une mauvaise foi patentée à l’égard de l’islam, et c’est regrettable. je ne vous ferai donc pas une réponse complète, mais vous conseillerai de commencer par lire correctement le Coran et de jeter un coup d’oeil ds le Discours Décisif…
quelques remarques cependant:
-oui le Jihad est communément compris comme cette ascèse, ce combat intérieur, quoi que, nourri des topos médiatiques les plus communs, vous puissiez en dire… c’est le sens premier, étymologique du Jihad. vous méconnaissez le « catéchisme » de base de tout musulman et faites l’erreur de conclure à partir de votre connaissance imaginaire à une vérité de fait… il semble d’ailleurs étrange que vous permettiez de douter de la subtilité spirituelle des musulmans en général, alors que jamais vous ne vous interrogez sur la compréhension commune du géniallissime mais combien obscur dogme de l’Incarnation et de la Trinité, cette super combine (selon vos propres dires) permettant de sauver le christianisme de la violence prosélyte, par le commun des chrétiens…
-par ailleurs, il me semble que depuis le VII l’Islam ne s’est pas vraiment imposé par les armes… plusieurs siècles de présence arabe en Espagne, et elle est toujours chrétienne, non? on ne peut pas en dire autant de la présence chrétienne dans les colonies…
les faits comptent pour définir une religion, on ne peut séparer les concepts de la façon dont ils sont rendus vivants par les hommes. ok. mais alors si c’est valable pour l’Islam, d’après vous, ce ne l’est pas pour le christianisme, qui a sa part d’horreurs, on en conviendra… drôle de contradiction. pensée pour rigoureuse pour un philosophe de formation! pour vous justifiez, vous dites alors que le Coran exhorte à la violence, mais pas la Bible… euh…vous l’avez lu, la Bible? il semble que oui. seriez vous donc de mauvaise foi? alors, plus loin vous reconnaissez cette violence intrinsèque à tout texte sacré, et trouvez une autre pirouette: ça n’est pas valable pour le christianisme, me direz vous, parce qu’il y a l’Incarnation! et oui… le texte biblique est violent, au même titre que le Coran, mais l’Incarnation sauve tout…
-vous avez l’air, si j’ai bien suivi votre raisonnement, de distinguer le christianisme de l’islam, non pas par la violence du texte, mais par le fait de l’Incarnation, qui ds le cas du christianisme permettrait d’humaniser cette violence intrinsèque au sacré.
puisque Islam= pas d’incarnation, alors Islam=violence. bravo pour ce raisonnement brillant!
Dieu ds l’Islam ne saurait être engendré, ni engendré, donc pas d’incarnation. transcendance absolue du divin. ok, jusque là vous avez compris, et ce n’est pas compliqué, tout le monde sait ça.
Mais Dieu est « miséricordieux » « rahman », c’est le premier attribut de Dieu: dans sa transcendance absolue, il est proche de l’homme, il est amour, il est plus proche de lui que sa veine jugulaire. (allez voir le Coran, vous verrez vous-même). il est indulgent, ne demande pas plus au croyant que ce qu’il peut supporter, et dit « point de violence en matière de religion »… enfin, il exhorte à la réflexion, à la connaissance, à l’exercice de la raison, explicitement dans plusieurs passages du Coran, et implicitement lorsqu’il ne cesse de mettre le croyant face à ses propres contradictions.
Dieu est loin, inatteignable, mais c’est pour cela qu’il faut le chercher, sans cesse, dans une quête indéfinie, qui ne saurait être union mystique, mais recherche rationnelle ratant toujours son but et s’entretenant indéfiniment par son propre échec. si Dieu ne s’incarne pas, ce n’est pas pour donner lieu à une folie démesurée, à une sorte d’hubris incontrôlable, comme vous semblez le penser, mais au contraire, mais pour laisser l’homme seul face à lui-même, avec ses seules ressources toutes humaines. pour couper court à toute folie mystique. c’est radical, exigent, difficile.
Ibn Rushd vous en parlera bien mieux que moi.
mais vous comprenez, dans cette perspective, on peut aussi s’amuser bêtement à « taper » sur le christianisme comme le faisez sur l’Islam: à ce moment là, on pourrait dire que le Christianisme, dans et par l’incarnation est une sorte de compromis, un renoncement de la raison, préférant se réfugier dans le paganisme et l’imagination mystique, au lieu d’accepter sa finitude tragique.
il faudrait développer par exemple ici sur la différence entre Thomas et Ibn Ruschd, mais je n’ai pas le temps, je vous laisse vous cultiver à ce sujet, vous en avez bien besoin…
Bien à vous,
Nawal.